Témoignages
Afghanistan : deux services de néonatalogie opérationnels à Mehterlam et Asad Abad
entretien avec Sophie Chuette, infirmière puéricultrice
Infirmière puéricultrice, Sophie Chuette a exercé en milieu hospitalier en France, avant de participer à différentes missions humanitaires de courte durée, en Indonésie et au Pakistan. À la fin de l’année 2005, elle est partie avec Aide Médicale Internationale en Birmanie/Myanmar, pour y exercer les fonctions de référente médicale auprès des personnels de santé de l’Etat Shan travaillant auprès des populations Wa. Revenue en France en 2007, elle vient d’assurer une nouvelle mission pour AMI en Afghanistan.
Il s’agissait d’une mission courte d’un mois, de début mai à début juin, menée dans deux hôpitaux appuyés par AMI, à Mehterlam (dans la province du Laghman et Asad Abad (dans la province de la Kunar). En qualité d’infirmière puéricultrice, j’étais chargée de contribuer à la mise en place des services de néonatalogie de ces deux hôpitaux. À Mehterlam, l’installation du service avait tout juste été commencée, et mon rôle a consisté à soutenir et accompagner les membres du service dans la définition de son organisation, dans la mise en œuvre de procédures et la validation ou la correction de pratiques.
À Asad Abad, la situation était différente puisque j’ai véritablement « monté » le service avec les personnels sur place. Nous avons donc installé les couveuses, les appareils de photothérapie, etc., jusqu’aux stabilisateurs. Les premiers bébés ont pu être accueillis juste avant mon départ.
Quel est le dispositif mis en place actuellement par AMI en matière de néonatalogie ?
Dans les deux hôpitaux dans lesquels j’ai travaillé, AMI appuie et soutient la création et le fonctionnement de services de néonatalogie. Cela concerne tout autant les personnels que le matériel de services qui peuvent accueillir chacun jusqu’à 14 très jeunes patients.
Au sein de ces services, les équipes ont été préparées et formées bien avant mon arrivée. Ainsi, à Mehterlam, le service est composé d’un médecin pédiatre et de trois infirmières ; et à Asad Abad, d’un médecin pédiatre et de deux infirmières. Notre rôle est de renforcer leurs compétences par l’apprentissage de techniques ou la mise en place de procédures. L’ouverture de ces nouveaux services générait un certain stress chez les équipes locales, et les sessions de training que j’ai pu réaliser (et qui continuent à l’être) ont pour objet de réduire ce stress et de permettre une prise en charge optimale des bébés.
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les effectifs sont très réduits au regard de la charge de travail. Lorsque le médecin spécialiste n’est pas présent (il ne travaille pas 24 heures sur 24), des médecins de garde, qui ne sont pas spécialement affectés au service et ne sont pas spécialistes de la pédiatrie, peuvent être amenés à intervenir auprès des patients. Pour cette raison, nous souhaitons proposer des formations courtes à ces médecins sur les savoirs et techniques essentiels de la néonatalogie.
S’agissant du matériel, couveuses, couveuses ouvertes, appareils de photothérapie, notre travail consiste à bien en exposer les principes de fonctionnement et d’entretien.
Quels sont les problèmes et pathologies fréquemment rencontrés dans ces services, et en quoi consiste le travail ?
Les problèmes et pathologies les plus fréquents sont des infections, la malnutrition et la déshydratation, ainsi que les conséquences de la naissance d’enfants prématurés (jaunisse, difficultés à se nourrir, infections, etc). Les équipes recourent ainsi à la photothérapie (contre la jaunisse), aux antibiotiques, à l’oxygénothérapie. Pour répondre aux problèmes d’alimentation ou de déshydratation, les personnels afghans aident les mères pour allaiter, ou utilisent des sondes de gavage (de lait maternel ou de lait en poudre).
Tous les jours, les jeunes patients sont pesés, et toutes les trois heures, une surveillance des constantes (rythme des pulsations cardiaques, fréquence respiratoire, température, saturation en oxygène, etc.) est réalisée. Chaque jour, le médecin établit les prescriptions nécessaires, qui seront suivies par les infirmières.
Quelles sont les perspectives des dispositifs à la création desquels vous avez contribué ?
Avant de parler de perspectives, un constat – positif – s’impose : les services de néonatalogie des hôpitaux de Mehterlam et Asad Abad sont aujourd’hui opérationnels. Jusqu’à neuf bébés ont été accueillis à Mehterlam, tandis que le service d’Asad Abad en a accueilli jusqu’à quatre simultanément.
Cela étant, le travail n’est pas terminé. Les moyens matériels et financiers sont réels, mais limités, et il importe de les exploiter au mieux. Cela nécessite notamment la formation continue des personnels. La préparation d’un « handbook » que j’ai réalisé (manuel reprenant l’ensemble des protocoles sur les soins infirmiers, les soins de confort de l’enfant et les soins d’hygiène) contribuera à cette formation. Une autre infirmière poursuivra le travail engagé auprès des équipes locales. De plus, Christelle Almanric, pédiatre pour AMI, qui est arrivée peu de temps après moi pour travailler dans les hôpitaux de Mehterlam et Asad Abad, est déjà très active sur la mise en place de sessions de formation et de protocoles pour les médecins et les sages-femmes.
Toutes ces actions s’inscrivent dans une démarche d’amélioration continue des compétences locales. Voilà ce qui a constitué le cœur de la mission que je viens d’effectuer.

Sophie Chuette conseille une maman afghane
lors du bain donné à son bébé
lors du bain donné à son bébé
NB : samedi 21 juin, une roquette est tombée sur l’hôpital d’Asad Abad. La roquette a frappé un bâtiment en cours de construction, à quelques mètres seulement du service de néonatalogie, dont toutes les vitres ont été soufflées. Si l’on déplore un décès, un blessé grave et un blessé léger parmi les ouvriers du chantier, les jeunes patients du service ont heureusement été épargnés.
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Portrait d’un membre de l’équipe AMI en Afghanistan
Afghanistan : "je suis fier de participer au projet Health Messenger"
« Afin de permettre à la population d’être en bonne santé, le gouvernement devrait employer au moins un agent de santé dans chaque école. » Fort de sa grande expérience avec Aide Médicale Internationale, M. Latif, superviseur d’un dispositif de santé communautaire dans le Laghman, traduit avec ces quelques mots son dynamisme et son engagement dans un programme dont il est un des plus actifs volontaires.Alors qu’il examine un enfant dans le poste de santé de son village, il raconte ses expériences passées pour le Comité suédois pour l’Afghanistan (Swedish Committee), le Programme alimentaire mondial et pour AMI. M. Latif a notamment travaillé sur des programmes de nutrition dans Nouristan, et il se souvient avec émotion de l’amélioration des conditions de vie des populations, notamment à la suite de sessions d’éducation à la santé qui leur permettait d’acquérir de bonnes pratiques.
Il a suivi la formation des agents de santé communautaire (Community Health Workers) et assure aujourd’hui sa deuxième mission pour Aide Médicale Internationale. En raison de la qualité de son travail, il a été choisi pour coordonner la récente campagne « Journée nationale de vaccination contre la poliomyélite ».
Très fier de contribuer, en qualité d’être humain, à la bonne santé des populations, il remercie Dieu pour être lui-même en bonne santé. « Je suis fier d’être un messager de santé dans ma communauté. Je ressens une grande joie de pouvoir redonner du bonheur aux gens autour de moi. Vous savez, maintenant, tout le monde me reconnaît ; et chacun sait, quand il me voit, que le moment de la vaccination est venu ! »
Récemment, dans le cadre de ses visites de routine aux familles, il a détecté douze cas nécessitant un référencement vers une structure de santé, et a identifié quatre cas de rougeole dans le village de Shamatu. Son sérieux et son application font de lui un des agents de santé les plus actifs et efficaces dans le Laghman.
M. Latif estime à juste titre que les agents de santé sont la pierre angulaire du système de santé afghan. Il assure la supervision de dix postes de santé, et participe ainsi, aux cotés d’autres agents de santé, à l’amélioration quotidienne du système de santé dans la province du Laghman.
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Le nouveau Salamati est arrivé !
par Paul Duke, Responsable du Salamati, AMI Afghanistan
Le département Communication de la mission Afghanistan d’Aide Médicale Internationale a lancé, le 22 août dernier, la nouvelle formule du magazine Salamati, au restaurant Khosha de Kaboul.Plus de 70 personnes, dont des représentants du ministère afghan de la santé publique (MoPH), étaient réunies autour d’un déjeuner pour assister à l’événement. Anne Dutrey-Kaiser, chef de mission pour l’Afghanistan, a ouvert la cérémonie par un discours rappelant la longue histoire de Salamati, depuis sa création en 1993, alors qu’aucune publication médicale n’existait dans le pays. Elle était suivie de Juliette Michel, alors coordinatrice du magazine trimestriel, et du Dr. Najibullah Hamid, rédacteur en chef, qui ont présenté les grands changements de la maquette.
La nouvelle formule du magazine de santé, considéré comme une référence en Afghanistan, s’adresse aujourd’hui à un public plus large, jusqu’aux volontaires de santé des communautés les plus reculées du pays. Passant de 10,000 à 25,000 exemplaires, le Salamati espère ainsi toucher un plus grand public, encore en grand besoin d’informations sanitaires de base.
Le lancement de la nouvelle version a été effectué en collaboration avec le MoPH. Le chef du département Information, Education et Communication du MoPH, le Dr. Parwiz, a d’ailleurs insisté sur l’importance du Salamati pour l’éducation sanitaire du peuple afghan. Le nouveau Salamati s’est attaqué à ce challenge, en rappelant dès le 1er numéro, les informations essentielles liées à la vaccination des enfants et des femmes enceintes.
Le second numéro de cette nouvelle formule devrait sortir en décembre 2007, avec un dossier spécial sur la santé mentale, un des grands chantiers du nouveau système de santé afghan.
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Afghanistan : 2 femmes, 2 cultures
A l’autre bout du monde, deux femmes que tout sépare, arrivent à communiquer au delà des mots. Toutes deux parlent le langage du coeur
Visite d’un centre de santé et rencontre avec des travailleurs de santé communautaire en Afghanistan (extrait du rapport de mission du Dr. Chantal Aubert Fourmy)
Après le centre de santé, nous nous rendons auprès d’un Community Health Worker (CHW), mollah de son état, dans un petit village de montagne de la région de Samagan.
Le docteur Nadjib, responsable de nos programme dans cette région, Carine, responsable de projet, Anne, la chef de mission et moi-même, sommes accueillis dans la salle d’éducation sanitaire, où sont affichés des posters sur l’hygiène et la contraception (avec dessin de préservatif très explicites !).
L’accueil est très chaleureux avec thé, gâteaux, amandes et diverses friandises sur des petits plateaux. A notre grande surprise, le mot SIDA est mentionné sur l’un des posters (en dari). En effet, même si le Droit Islamique va être prochainement révisé, aujourd’hui, en Afghanistan, un séropositif peut être emprisonné. Mais si le mollah accepte de parler du SIDA aux villageois, c’est que c’est un argument de poids pour promouvoir la fidélité dans le couple.
Nous rencontront ensuite sa femme, également agent de santé communautaire au centre. Même si peu de femmes accouchent dans le centre du fait de l’éloignement et de l’absence de moyens de transports (18% seulement des femmes accouchent dans une structure médicalisée), elle se félicite d’arriver tout de même à les recevoir au moins une fois en consultation prénatale. Elle m’emmène ensuite dans son village pour visiter sa maison et me montre ses outils pédagogiques dont les albums de tissu fourni par AMI. Nous bavardons longuement, elle en dari, moi en anglais (j’aurai pu parler français), bel exemple de communication au-delà des mots ! Nous « parlons » de sujets assez intimes, de fécondité, de famille, d’enfants….De retour au centre, nous faisons des photos avec son mari et les enfants du village. La femme veut une photo souvenir de nous deux, notre rencontre était un vrai plaisir réciproque, mais elle n’obtiendra pas l’autorisation de son « mollah de mari », malgré ma promesse de ne pas la diffuser... Le chemin est encore long pour établir des liens, même entre femmes. Sur la photo, il n’y aura que le mollah à mes côtés !
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Paroles afghanes.
A l’occasion de la Journée Internationale des Femmes, AMI donne la parole à trois femmes afghanes. Six ans après le chute du régime des Talibans, elles témoignent de leur insoumission, de leur fierté d’être femme et de leur volonté d’agir au sein d’AMI.
Anissa, 45 ans, superviseur d’agents de santé communautaires dans la province de Samangan

« Moi, je n’ai jamais porté la burqa »
Anissa est fière de son insoumission vestimentaire. Sa seule concession fut, sous les Talibans, un foulard de plus grande taille. Aujourd’hui, son voile est négligemment posé sur sa tête. Jamais elle ne s’en sépare mais elle ne pense pas à le replacer systématiquement quand il glisse sur ses épaules.
Autre acte d’indépendance, Anissa travaille. Veuve depuis ses 26 ans - elle en a aujourd’hui 45 - elle a dû subvenir aux besoins de ses 6 enfants.
Pendant longtemps secrétaire dans une entreprise d’électricité, elle a rejoint l’équipe d’Aide Medicale Internationale il y a 4 ans. Elle supervise les agents de santé communautaire du district de Ruy-Doab, dans la province de Samangan. Toutes les semaines elle sillonne les routes montagneuses avec son collègue Jamal à la rencontre de ces bénévoles qui ont accepté d’etre les premiers relais entre la population et le systeme de sante. Prévention, délivrance de quelques médicaments et orientation des malades vers les centres de santé sont leurs principales tâches. Pour les accomplir ils ont besoin de formation continue, de supervision et de soutien. Anissa et Jamal sont là pour les assister, l’une auprès des femmes, l’autre auprès des hommes.
Tous les jours le couple de superviseurs se rend dans un nouveau village. Anissa se déplace sans macham, ces hommes, maris, frères ou fils, qui accompagnent habituellement toute femme travaillant avec d’autres hommes. Veuve d’un « général à 9 décorations », ses fils étant mariés, elle se débrouille très bien sans. Bien sûr quand elle passe la semaine sur le terrain, c’est elle qui fait la cuisine pendant que le chauffeur se repose et que le collègue avec qui elle travaille en tandem remplit les rapports. Mais les hommes la respectent.
Tous les weeks-end elle rentre chez elle, à Mazar-e-Sharif. Elle y retrouve ses deux filles qui ne sont pas encore mariées. L’une d’entre elles, parler franc, piercing au nez, a suscité une légère polémique : elle est la première femme vendeuse dans cette plus grande ville du Nord de l’Afghanistan. Anissa en est très fière.
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Sakina, 22 ans, étudiante à l’école de sages-femmes communautaires

« Quand j’ai vu le nombre de morts et de malades dans mon village, je me suis dit qu’il fallait agir. »
Sakina a l’air d’avoir 15 ans mais elle en a 22. Elle a l’air insouciante mais elle a déjà un enfant. Elle a l’air triste mais elle est heureuse de ce qu’elle fait. Sakina est étudiante à l’école de sages-femmes communautaires créée par Aide Médicale Internationale à Ayback, dans la province de Samangan. Confrontée à une pénurie de sages-femmes acceptant de travailler dans les villages isolés de la province, l’organisation a eu l’idée de recruter directement au sein de la population des femmes qu’elle forme ensuite. Sakina fait partie de la deuxième promotion.
Née en Iran, elle est revenue dans le village d’origine de sa famille en 2003. Quand Aide Médicale Internationale cherchait des agents de santé communautaires pour apporter des soins primaires à la population, elle n’a pas hésité. « Quand j’ai vu le nombre de morts et de malades dans mon village, je me suis dit qu’il fallait agir. »
Puis Aide Médicale Internationale a annoncé vouloir recruter des étudiantes, son mari l’a encouragé. « J’étais bien sûr intéressée par le fait d’avoir un travail et de pouvoir rapporter de l’argent à ma famille. Mais j’ai aussi envie de servir mon peuple, spécialement les femmes qui dans mon village sont presque toutes non-éduquées. »
Pendant toute la durée de sa formation, qui a débuté en janvier et dure 18 mois, elle vit à l’intérieur du centre de formation avec son fils. Quand elle aura fini, elle retournera dans son village auprès de sa famille, au sein de la population.
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Nooria, 29 ans, traductrice médicale

« Après tout ce que j’ai traversé, plus rien ne peut me faire honte »
Quand Nooria a annoncé son intention de faire des études de médecine, sa famille a approuvé. Mais à une condition : être la meilleure. Nooria ne veut pas les décevoir : elle est première de sa promotion. Aujourd’hui en dernière année, elle peut travailler parallèlement à la préparation de ses derniers examens. Elle est traductrice médicale pour Aide Médicale Internationale au bureau de coordination de Kaboul.
La double tâche ne lui fait pas peur. La journée elle traduit en dari, en pashtoo, les langues les plus répandues en Afghanistan, les documents qui servent de support aux formations, les articles du magazine de formation à distance réalisé par Aide Médicale Internationale, Salamati, ou les guides de procédures. Le soir elle révise pour ses examens. Le week-end, elle poursuit son internat dans les hôpitaux.
À 29 ans, Nooria ne vit que pour sa carrière professionnelle. Mariée à 20 ans, son mari l’a forcé à interrompre ses études après 3 ans de vie commune. Puis il l’a répudiée. « La seule justification qu’il a donnée, c’est qu’il n’était pas content de moi », soupire Nooria, qui était pourtant prête à accepter une deuxième épouse. Pour elle la honte du divorce n’est rien comparée à ses conséquences : elle n’a pas revu ses deux enfants, un garçon et une fille, depuis 4 ans. Pour combler le vide, elle s’est lancée à corps perdu dans ses activités professionnelles. Elle a pris des cours d’anglais et d’informatique avant de reprendre ses études de médecine. La première année elle n’a terminé que 3eme de sa promotion, elle a ensuite repris sa place de première.
Nooria vit chez son frère, sa femme et leurs cinq enfants. Elle ne veut pas les déranger. Alors si elle déjeune le matin avec eux, elle reste toute seule le soir dans sa chambre, entre programmes télé et révision. Elle sait qu’aucun homme ne voudra se remarier avec elle. Alors elle se bat pour ses enfants. « Je veux que plus tard, quand je les retrouverai pour leur expliquer, ils soient fiers de moi », dit-elle d’un air à la fois triste et triomphant.
Au bureau, à l’hôpital, elle n’hésite pas à se faire entendre, à désapprouver ses collègues masculins quand elle estime qu’ils ont tort. « Après tout ce que j’ai traversé, plus rien ne peut me faire honte », explique-t-elle. Elle sait qu’elle veut devenir chirurgienne obstétricienne et fera tout pour y arriver.
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