Infirmier / médecin - REFERENT MEDICAL – WA REGION
Infirmier / médecin - REFERENT MEDICAL – WA REGION
LE PROGRAMME AMI AU MYANMAR :
Contexte actuel au Myanmar :
Le Myanmar, mosaïque ethnique, a connu depuis l’indépendance en 1948 des conflits entre le groupe principal (bamar) et ses minorités. Celles-ci se répartissent en deux catégories : celles reconnues comme telles et qui ont pu acquérir un minimum de droits (reconnaissance de leur langue, reconnaissance du territoire, promotion culturelle…) et celles totalement ignorées dont le cas extrême est incarné par les Rohyinga, population de langue bengalis et de confession musulmane.
Les conflits qui ravagent le pays depuis plusieurs décennies ont causé le départ et/ou le déplacement d’au moins 2 millions de personnes. Si les tensions sont moins vives depuis la fin des années 90, les minorités ethniques vivant dans les zones périphérique du pays sont encore en grande précarité.
AMI au Myanmar :
Depuis ses premières interventions, l’AMI s’inscrit dans une logique d’intervention tournée vers les populations les plus fragiles, en particulier les minorités (Karens, ethnies montagnardes de l’Etat Shan –Lahu, Akha, Wa, Rohingyas dans l’Etat du Rakhine) ou encore les déplacés ou « relocalisés » (population de Dala). A celles-ci s’ajoutent les populations frappées par le cyclone Nargis dans le delta de l’Ayerwaddy. L’accès à la santé est un des éléments centraux des droits fondamentaux : l’AMI participe alors à redonner à ces populations oubliées et souvent maltraitées une part de ces droits.
D’une manière générale, les populations soutenues par l’AMI n’ont que faiblement accès à l’éducation et à la santé : ces populations connaissent alors un taux de mortalité plus élevé que les autres couches de la population. Les femmes et les enfants sont dans cette situation les premières victimes.
Ces populations sont aussi les plus touchées par le virus du SIDA. De par leur pauvreté, leur manque d’éducation et les problèmes d’accessibilité à l’information et à des structures de santé, l’épidémie du VIH risque de foudroyer une partie de ces populations dans les prochaines années. Le gouvernement du Myanmar reconnait aujourd’hui l’urgence de la situation.
En 2009, la mission Myanmar est composée de neuf bases opérationnelles situées dans les régions suivantes :
- Townships de Dala, Seikki Khanaungdho, Kawhmu, Kungyangon et Twantay (périphérie de Yangon) : Eau et assainissement (population et écoles) / Education à la santé / Soins et prévention MST/SIDA/opération d’urgence suite au cyclone Nargis
- Région Wa (Shan State) : Soins de santé primaires, santé Materno-Infantile (Gestion de structures de santé, cliniques mobiles et hôpitaux, approvisionnement en médicaments, formation du personnel, suivi épidémiologique) et développement communautaire (formation/renforcement des capacités locales)
- Township de Buthidaung (Rakhine State) : Soins de santé primaires (approvisionnement des structures de santé / suivi épidémiologique), développement communautaire (formation / renforcement des capacités locales), santé Materno-infantile.
Objectifs 2009 :
Améliorer l’état de santé des populations les plus vulnérables, et en particulier :
- Renforcer les capacités des communautés en renforçant les activités liées à l’accès et la gestion de l’eau et en soutenant les activités de santé et notamment de santé reproductive.
- Améliorer l’accès à des services de soins de santé primaires auprès des groupes les plus vulnérables (populations relocalisées sur Yangon / minorités ethniques vivant en périphérie du pays).
- Réduire la mortalité materno-infantile auprès des femmes et des enfants des groupes les plus vulnérables.
- Réduire la propagation des IST en particulier du HIV.
- Atténuer les effets du cyclone Nargis pour les populations de Kawhmu et Kungyangon via des activités watsan
Composition de l’équipe :
310 personnels locaux (personnels médicaux, logistiques et administratifs)
16 expatriés (1 Chef de Mission, 1 administrateur, 1 coordinateur médical, 1 coordinateur logistique, 1 coordinateur développement communautaire, 1 Référent Wat/San, 3 Responsables de projet, 2 référents médicaux, 2 référents santé communautaire, 1 référent prévention VIH, 1 responsable des activités ‘changement des comportements’, 1 épidémiologiste)
Financements principaux acquis (année 2009)
- EuropeAid : Soutien au système de santé dans la région Wa, 1 540 000 € (du 1er septembre 2007 au 31 août 2010)
- EuropeAid : Soutien au réseau de santé communautaire dans le township de Buthiadung, région Rakhine, 1 560 000 € (du 1er Avril 2009 au 31 mars 2012)
- Three diseases Fund : programme intégré de lutte contre le VIH/SIDA sur Yangon, 355 000 US$ (du 1er mai 2009 au 31 avril 2010).
- ECHO : Projet Watsan sur Kawhmu et Kungyangon, 801 765 € (1er Janvier 2009 au 31 décembre 2009)
- UNHCR : Projet santé materno infantile, renfort des activités malaria/nutrition/PMI, développement communautaire : 227.193 US$ (du 1er janvier au 31 décembre 2008)
- UNFPA : Santé reproductive dans la région Wa (73 655.58 US$, du 1er Janvier 2009 au 30 Septembre 2009).
LE PROJET DANS LA ZONE DU POSTE
En juillet 2003, AMI a débuté une opération humanitaire dans la région Wa spéciale n°2 (ex Triangle d’or) du Myanmar. Située au Nord-Est de l’Etat Shan, aux frontières de la Chine, cette région est contrôlée par le mouvement Wa qui a signé des accords de paix avec le Gouvernement central de Yangon en 1989. Elle possède une large autonomie et connaît une très forte influence chinoise.
La plus importante production d’opium du Myanmar a officiellement cessé depuis 2005. L’UNODC (United Nations Organization of Drugs Control) y menait un programme d’éradication de la culture de l’opium depuis plusieurs années. Cet arrêt relativement rapide a eu des conséquences désastreuses pour la plupart des cultivateurs, tant au niveau économique et social que sanitaire. La grande majorité a dû quitter ses terres (laissant la place à des entrepreneurs chinois qui y ont installé des cultures d’hévéa intensives), redescendre dans la vallée en s’exposant ainsi à de nombreuses maladies (malaria en particulier) et sans accès à aucune structure de santé.
Projet :
Le projet d’AMI est d’améliorer l’accès aux soins de santé primaires pour les populations vivant dans les zones reculées. Ce but se décline à trois niveaux :
- Accès aux soins de santé aux niveaux des structures de santé existantes et remplacement progressif des cliniques mobiles par des postes de santé fixes : consultations, vaccinations, réhabilitation et construction de structures de santé, approvisionnement en médicaments consommables et équipement médical, formation du personnel de santé, référencement vers les soins de santé secondaires. Initiation de la création de comités de santé villageois pour faciliter et améliorer les réponses aux besoins de la population.
- Soins de santé préventifs et curatifs basiques et éducation à la santé au niveau communautaire par la mise en place et le renforcement d’un réseau de VHV (Village Health Volunteers) et de CHA (Community Health Agents) : consultations, référencement vers les structures de santé, sessions d’éducation à la santé. La formation et le monitoring sont assurés par AMI
- Soins de santé materno-infantile par la mise en place et l’extension d’un réseau d’AMW (auxiliaires sage-femme), reconnues par les autorités de santé Myanmar : consultations adaptés à la mère et l’enfant et les femmes enceintes au sein de cliniques mobiles et des structures de santé, activité pilote de maternity waiting home pour l’accueil, le suivi et la sensibilisation des femmes enceintes aux besoins de santé des nourrissons et des enfants.
Les activités d’AMI se sont étendues peu à peu : elles ont débuté dans le district de Mong Pawk ( 45000 pers) avec la reprise des structures de santé appuyées par l’UNODC (transférées depuis aux autorités de santé Myanmar), puis en juillet 2004 dans 4 des 5 townships du district de Wein Kao ( 30 000 pers). Enfin, AMI a assuré la construction de postes de santé et propose des services de santé dans 4 Townships du district de Mong Mawn ( 48 000 pers) depuis 2005.
Dans ces 3 zones d’intervention, les activités se déclinent selon la même logique : l’intégration progressive d’un nombre croissant de services de soins de santé primaires. En 2006, AMI a étendu son domaine d’intervention à la prise en charge de la malaria et de la vaccination sur des zones encore limitées. Les perspectives à moyen et long terme (2008 - 2010) sont modulées par zone avec les objectifs suivants :
- Maintenir l’accès à des soins de santé primaires basiques aux populations et la préserver d’une crise humanitaire (arrêt de la culture de l’opium, principale source de revenus, en juin 2005) : appui des structures existantes, formation et renforcement des connaissances des VHV, CHA et AMW au niveau communautaire,
- Amorcer une transition urgence-développement en impliquant les partenaires locaux afin de pérenniser le système de santé Wa avec ses particularités locales.
- Renforcer les capacités des autorités de santé Wa et Myanmar en les impliquant davantage pour les responsabiliser vis-à-vis des structures et agents de santé existants.
Au 1er Mai 2009, l’équipe du projet est actuellement composée de : - 1 personnel expatrié : 1 Responsable de projet.
- 88 personnels locaux regroupés en 3 services : Département Logistique : 51 personnes. Département administratif : 5 personnes Département médical : 32 personnes
L’équipe dispose d’une base principale (Pang Kham) et de deux bases secondaires (Mong Pawk et Mong Maw) équipées en ordinateurs et connexion internet pour les communications avec Yangon. Les déplacements sur le terrain se font en véhicule 4x4 (dans tous les cas pour les expatriés) ou à moto.
RESPONSABILITES DU POSTE :
Vous êtes responsable de la cohérence et de la qualité des activités médicales du projet, en fonction des « objectifs médicaux globaux AMI » et des objectifs spécifiques à la zone, fixés avec le RDP et le Coordinateur Médical.
Le poste comprend les activités suivantes : Evaluation, suivi et analyse de la situation sanitaire locale/ Relationnel avec les institutions sanitaires locales / Gestion de l’équipe médicale Cliniques mobiles et centres de santé/ Formation / Reporting
RELATIONS DE TRAVAIL :
Le Référent Médical est sous la responsabilité directe du Responsable de projet. Il lui rend compte de ses activités, des résultats obtenus et des problèmes qu’il rencontre. Il lui fait valider les décisions importantes.
Il travaille en étroite collaboration avec le Coordinateur médical qui lui vient en appui, conseil validation pour les grandes orientations médicales et questions techniques courantes. Il travaille en binôme avec le project Medical Officer. II lui procure appui, conseil et validation.
Il collabore avec les autorités de santé locales sur place (Autorités Myanmar et Wa) ainsi qu’avec les agences ou ONG de la zone : Malteser (programme de lutte contre les IST et d’eau et assainissement), Health Unlimited (programme de SSP, HIV-AIDS dans la zone non couverte par l’AMI, Malaria dans l’ensemble de la région Wa), WFP (distribution alimentaires), German Agro Action (programme agricole) et CARE.
ACTIVITES DU POSTE :
- Suivi de la situation sanitaire de la zone d’intervention.
- Suivi des données de morbidité et mortalité en lien avec les responsables médicaux. Analyses épidémiologiques.
- Supervision du monitoring et évaluations des activités médicales.
- Appui à la définition et à la mise en œuvre d’enquêtes ciblées dans les villages.
- Définition et mise en place d’activités médicales d’ « urgence » en cas d’épidémie ou de risque épidémique.
- Supervision des activités de soins de santé primaire (clinique mobile, structures fixes et réseau de santé communautaire).
- Supervision et évaluation des activités curatives et préventives au sein des Centres de Santé, cliniques mobiles et réseau de santé communautaire, en lien avec le project Medical Officer.
- Organisation et planification des activités médicales en lien avec les objectifs du programme.
- Appui aux activités de développement communautaire.
- Evaluation des besoins en équipement et matériel, planification des besoins médicaux.
- Supervision de la pharmacie centrale à Pang Kham, suivi de la consommation des médicaments (support à la préparation des commandes, aux inventaires physiques des médicaments et équipements médicaux, etc.).
- Suivi des aspects santé et sécurité du programme (hygiène, gestion déchets médicaux, moyens de prévention pour les équipes locales,…).
- Gestion de l’équipe médicale locale, en lien avec le Project Medical Officer
- Management de l’équipe médicale (organisation, planning, formation…).
- Meetings réguliers avec l’équipe médicale et de coordination.
- Participation à la gestion des ressources humaines médicales (recrutement, nouveaux besoins, évaluation,…).
- Supervision de la formation médicale de l’équipe et des cursus de formation
- Evaluations régulières des besoins en termes de formation du personnel médical.
- Formation spécifique du Project Medical Officer.
- Evaluation de la pertinence du contenu de nos cursus de formation médical (révision des protocoles en lien avec la coordination médicale.
- Supervision et participation aux formations médicales.
- Reporting
- Rédaction de rapports mensuels AMI ainsi que participation à la rédaction des rapports bailleurs.
- Rapports à fournir aux autorités locales et nationales.
- Rapport de passation à rédiger en fin de contrat.
- Coordination auprès des partenaires et autorités médicales : Le référent médical devra :
- Participer, au niveau de sa région, aux réunions médicales avec les partenaires locaux et internationaux (ONG, UN, autorités locales,…) avec le responsable de projet.
- Assurer la communication sur les questions médicales avec les ONG travaillant dans la zone (HU, Malteser)
- Missions d’évaluation
- Participation à l’identification d’activités de santé complémentaires au projet en cours. Diagnostic de situation et rédaction de rapports d’évaluation en lien avec le coordinateur médical et le responsable de projet.
- Participation active à la définition de la stratégie de santé AMI dans la région Wa :
- Participation à des ateliers de réflexion avec le personnel de la base organisés par le responsable de programme. Participation aux meetings médicaux AMI Myanmar et à la réflexion sur la stratégie médicale AMI au Myanmar en lien avec le coordinateur médical.
CONDITIONS DE VIE :
L’expatrié sera basé à Pang Kham avec des déplacements fréquents sur les bases de Mong Pawk et Mong Maw, Kyainge Tong et Lashio (rencontres avec les autorités Myanmar). Le trajet Yangon-Pang Kham s’effectue en deux jours (4 heures d’avion Yangon – Kyainge Tong, puis 8 heures de routes Kyainge Tong – Pang Kham). Les bases Wa sont distantes de : 2 heures de route Mong Pawk – Pang Kham et 5 heures de routes Pang Kham – Mong Maw (en saison sèche).
- Culturel : une des caractéristiques de la région est la diversité des groupes ethnico-linguistiques y résidant : Lahu, Wa, Aka, Shan, Lishow, Kokan, Chinois. Les villes de la région sont sous très forte influente chinoise, les zones rurales étant extraordinairement diversifiée ethniquement et culturellement. Il y a très peu d’expatriés d’autres ONG ou agences onusiennes. Ces derniers sont basés principalement à Pang Kham : WFP, GAA, Malteser. Billard, karaoke, cascades d’eau et pagodes à visiter …
- Linguistique : Le chinois est l’une des principales langues de communication dans la région, et est la langue utilisée dans le domaine des affaires et par les autorités Wa. La langue Myanmar n’est quasiment pas utilisée localement.
- Sécuritaire : la situation est relativement calme dans la région Wa. Toutefois, il s’agit de rester attentif à la situation politique qui est tendu entre les autorités Was et Myanmar et dans les différents Etats du Myanmar Les mouvements d’expatriés doivent être référés aux autorités gouvernementales de Yangon sur place, et peuvent être étroitement contrôlées.
- Géographique : zone frontalière de la Chine, la zone est montagneuse (pt culminant à 2 480 mètres). Phang Kham est à 700 m, Mong Pawk et Mong Mawn à environ 1 400 m. Les paysages sont splendides. La zone reste très enclavée et les routes sont en mauvais état (aggravées notamment durant la saison des pluies) et entraînent des temps de trajet assez longs.
- Climatique : 1 saison « chaude » de fin mars à mai (30°C à Phang Kham), 1 saison des pluies de juin à août, 1 saison froide de septembre à mars (jusqu’à 0°C à Mong Pawk et Mong Mawn).
- Condition de logement : logement tout confort (collectif avec le staff local)…
- Possibilité départ en couple : non
CONDITIONS DU POSTE ET PROFIL REQUIS :
- Statut : Volontaire. (indemnités : de 686 à 915€ par mois + 200€ de perdiem par mois + assurances + logement + nourriture + transports + visa + vaccins + primes de break)
- Début : au plus tôt (obtention longue de visa (jusqu’à 4 mois) )
- Durée : un an.
- Médecin ou infirmier(e)/sage-femme expérimentés.
- Expérience humanitaire au sein de programme de santé publique, dans un contexte similaire.
- Connaissance des projets de santé communautaires très appréciée.
- Connaissances de l’informatique (word et excel) indispensable.
- Fortes capacités et motivation à travailler avec une équipe locale. Bonne maîtrise de l’animation et du management d’équipe dans une dynamique de renforcement des capacités.
- Très bonne capacité à vivre dans un environnement isolé, très peu d’activités, et à supporter de longs et nombreux déplacements en 4x4 sur routes difficiles.
- Capacité d’adaptation à une situation politique pouvant entraîner temporairement un mode de travail à distance.
- Anglais courant obligatoire, le chinois est un véritable atout.
- Expérience en Asie du Sud-est souhaitée
CONTACT :
Caroline Paoli, chargée de recrutement
carloine.paoli@amifrance.org
Français
English
