Aide Médicale Internationale http://www.amifrance.org/ association humanitaire française apolitique et laïque, créée en 1979, œuvre pour le rétablissement de l'accès aux soins des populations exclues de tout système de santé. AMI forme du personnel de santé local et réhabilite des centres de santé. fr SPIP - www.spip.net Aide Médicale Internationale http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L144xH144/siteon0-d64b7.png http://www.amifrance.org/ 144 144 Birmanie : former des volontaires à s'engager pour la santé de leur communauté http://amifrance.org/Birmanie-former-des-volontaires-a.html http://amifrance.org/Birmanie-former-des-volontaires-a.html 2009-11-19T15:21:17Z text/html fr administrateur A lister à droite comme Témoignages home - flash info Eva est référente de développement communautaire (Community Development and Health Promotion Advisor) en Birmanie pour Aide Médicale Internationale. Après neuf mois passés sur le terrain, elle expose les outils dont l'équipe se sert pour agir au sein des communautés, notamment dans le domaine de l'éducation à la santé. Ces outils, l'équipe les transmet à des travailleurs communautaires et à des volontaires locaux, afin que la communauté prenne peu à peu en charge certaines problématiques de santé. Loin (...) - <a href="http://amifrance.org/-Temoignage,150-.html" rel="directory">Témoignages</a> / <a href="http://amifrance.org/+-A-lister-a-droite-comme-+.html" rel="tag">A lister à droite comme Témoignages</a>, <a href="http://amifrance.org/+-home-flash-info-+.html" rel="tag">home - flash info</a> <div class='rss_texte'><p>Eva est référente de développement communautaire (<i>Community Development and Health Promotion Advisor</i>) en Birmanie pour Aide Médicale Internationale. Après neuf mois passés sur le terrain, elle expose les outils dont l'équipe se sert pour agir au sein des communautés, notamment dans le domaine de l'éducation à la santé. Ces outils, l'équipe les transmet à des travailleurs communautaires et à des volontaires locaux, afin que la communauté prenne peu à peu en charge certaines problématiques de santé. Loin d'une simple connaissance théorique des méthodes propres aux « <i>community health promotion advisors</i> », son témoignage est riche en illustrations permettant de comprendre la portée concrète de la démarche communautaire. <br /> <br /><strong>En Birmanie, A.M.I. développe depuis 2001 différents programmes : soins de santé primaires, accès à l'eau, éducation à la santé et à l'hygiène, prévention et traitement des infections sexuellement transmissibles, santé reproductive, etc. Quels acteurs issus des communautés sont mobilisés pour leur mise en œuvre ?</strong> <br />D'abord, A.M.I. renforce le réseau déjà existant de santé communautaire, en formant des agents de santé communautaires, les <i>community health workers</i> (CHW). A.M.I. a également appuyé la création et le développement d'autres réseaux, comme les village health comities. Ces comités de santé, mis en place dans l'État du Rakhine et chez les Was (deux régions d'intervention d'A.M.I.), sont composés de villageois volontaires formés par les équipes A.M.I. afin de conduire localement des actions de santé, en fonction d'un état des lieux qui a servi à identifier les besoins de chaque village. A.M.I. intervient pour soutenir la création de ces réseaux et suivre les premiers temps de leur action. Par ailleurs, dans le cadre des activités d'eau et d'assainissement, l'installation de structures d'eau (latrines, puits, bassins, etc) s'assortit de la création de comités de gestion et de maintenance de l'eau. L'objectif est d'amener la communauté à gérer elle-même ses structures d'eau et à prendre en charge les questions de santé prédominantes. <br />Dans le domaine de l'éducation à la santé, des <i>health educators</i> A.M.I. (éducateurs en santé) sont formés, qui à leur tour formeront des travailleurs communautaires éducateurs en santé (voir le principe du <i>Training of trainers</i> dans le témoignage de Sophie Benoliel). Ces derniers sont des volontaires prêts à intervenir auprès de leur communauté afin de diffuser des informations et des messages de sensibilisation sur des questions de santé. <br />Avec l'équipe de coordination médicale dont je fais partie, nous avons notamment organisé depuis le mois de mars de nombreux <i>workshops</i>, qui sont des activités de formation menées sur une semaine sur une thématique de santé spécifique. La première session portait sur les maladies contagieuses comme le paludisme, la diarrhée, et la gestion de ces maladies. Nous avons ainsi formé une équipe de <i>health educators</i> (membres de l'équipe A.M.I.), afin qu'ils assurent au mieux la formation des différents réseaux communautaires, <i>community health workers</i> (CHW), <i>Traditional Birth Attendances</i> (TBA, accoucheuses traditionnelles) et <i>Auxiliairy Midwives</i> (AMW, sages femmes auxiliaires). <br /></p> <dl class='spip_document_1553 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L448xH336/Health_Education_for_Women-7155a.jpg' width='448' height='336' alt='JPEG - 76.2 ko' style='height:336px;width:448px;' /></dt> </dl> <div class="spip" style="text-align:center;"><i>Dans le Rakhine, séance d'éducation à la santé pour les femmes</i></div> <br /> <br /><strong>Que doit-on enseigner sur la façon d'assurer des séances avec les populations, en matière d'éducation à la santé notamment, ou de gestion de l'eau ? Quels sont les outils et les méthodes ?</strong> <br />L'important est de savoir recourir à des outils participatifs lors de ces séances. La méthode PHAST notamment est un système de monitoring et d'évaluation utilisable par les volontaires issus des communautés et qui permet d'impliquer le public des séances. Cette approche permet à la communauté d'améliorer les comportements en matière d'hygiène, d'empêcher la propagation des maladies diarrhéiques et d'encourager la gestion communautaire des installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement. Vivante et favorisant la discussion, elle permet aussi d'identifier des croyances erronées sur les maladies (voir à nouveau <a href='http://amifrance.org/Associer-les-communautes.html' class='spip_in'>l'interview de Sophie Benoliel</a>). <br /> <br /> <dl class='spip_document_1554 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L448xH336/Handwashing-49376.jpg' width='448' height='336' alt='JPEG - 78.2 ko' style='height:336px;width:448px;' /></dt> </dl> <p><i></p> <div class="spip" style="text-align:center;">Démonstration de lavage de mains dans une école du Rakhine</div></i> <br />Par exemple, lors du travail participatif que nous avons mis en place sur la question du paludisme, les populations exprimaient certaines croyances sur la manière de contracter la maladie qu'il était important de déceler pour les rectifier. Ainsi, pour certains, le paludisme pouvait se transmettre en mangeant des bananes, ou bien lorsque l'on se baigne. Ils ne savaient pas que la maladie est liée au moustique, dont il est important de se prémunir, en utilisant des moustiquaires ou en portant des manches longues. <br />L'animation de séances d'éducation à la santé nécessite également de trouver les supports adéquats. Toujours dans une optique participative, nous avons employé lors de certaines séances un support d'images avec des « smileys ». Les participants devaient associer à chaque image (présentant une certaines attitude d'hygiène ou de santé, comme se laver les mains, etc.) un « smiley » (content/mécontent/neutre). Ce dispositif très simple est utilisé par A.M.I. notamment lorsque des latrines ou une installation d'eau sont mises en place, dans le cadre de séances d'éducation à la santé qui visent à faire évoluer les pratiques hygiéniques. Cela permet d'ouvrir la discussion en abordant différentes questions (hygiène personnelle, lieu réservé à la défécation, protection de l'eau contre les contaminations, etc.). et de se faire une idée des pratiques qui ont cours. <br /> <br /><strong>Cette méthode participative est-elle applicable à d'autres thématiques ?</strong> <br />Oui, de la même manière, lors d'un <i>workshop</i> sur la santé materno-infantile, nous avons utilisé des outils très simples, que les volontaires éducateurs en santé peuvent fabriquer eux-mêmes : ainsi, des dessins représentant des bébés bien ou mal nutris, un thermomètre fabriqué en papier ou avec un crayon, etc. <br />Nous avons également réalisé un <i>workshop</i> sur l'analyse participative des besoins. Notamment en matière de gestion de l'eau et d'assainissement, A.M.I. met en place des « <i>pocket chart voting</i> », qui servent à évaluer les ressources en eau d'un village et les pratiques des habitants (où vont-ils chercher l'eau notamment). Ce <i>workshop</i> portait sur la démarche à employer afin de recueillir des informations de toute la communauté lors de séances participatives, en réalisant un plan du village avec les habitants. <br /> <br /> <dl class='spip_document_1551 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L336xH448/seance_Pocket_Chart_Voting-22074.jpg' width='336' height='448' alt='JPEG - 71.7 ko' style='height:448px;width:336px;' /></dt> </dl> <div class="spip" style="text-align:center;"><i>Lors d'une séance autour du pocket chart voting</i></div> <br /> <br /><strong>Comment peut-on évaluer la plus-value de la démarche communautaire et ses effets ?</strong> <br />La façon la plus objective est sans doute de mener des évaluations de projet. À mon arrivée, j'ai justement participé à l'évaluation d'un programme démarré il y a deux ans, le « <i>peer education programm</i> ». Ce sont des volontaires birmans formés par A.M.I. à la conduite de séances d'éducation à la santé, sur les thèmes du VIH/Sida et de la santé reproductive. <br />Il faut savoir qu'à la différence des « <i>community health workers</i> » évoqués précédemment, le réseau communautaire « <i>peer education</i> » (éducation par les pairs) n'entre pas dans le cadre des guidelines posées par le gouvernement birman. Il est donc plus informel, car les séances ne sont pas soumises aux règles gouvernementales, mais il est structuré par des guidelines A.M.I., construites dans l'optique de favoriser l'éducation par les pairs, en sorte que le volontaire s'adresse aux membres de sa communauté. <br />L'évaluation à laquelle j'ai participé a montré non seulement des résultats positifs auprès des populations bénéficiaires des séances, en termes d'intégration des messages sur la santé, mais aussi sur les « <i>peer educators</i> » eux-mêmes. Ceux-ci ont témoignés à cette occasion d'un changement au plan personnel, d'une plus grande sensibilisation aux questions de santé, et d'un souhait de continuer des activités qui leur font jouer un rôle essentiel au sein de la communauté.</div> Birmanie : associer les communautés aux programmes sanitaires http://amifrance.org/Associer-les-communautes.html http://amifrance.org/Associer-les-communautes.html 2009-09-09T16:07:07Z text/html fr administrateur A lister à droite comme Témoignages home - flash info Sophie Benoliel revient d'un an et demi de mission dans le Rakhine (Birmanie), où elle était responsable de projet. Enthousiaste, elle confie que des trois missions humanitaires qu'elle a effectuées, celle-ci a été la plus enrichissante, par le travail mené avec l'équipe locale auprès des populations. Ancienne étudiante en gestion de projets territoriaux (un DESS Management international des projets territoriaux) et en droit international, elle estime que la réflexion menée avec le staff local pour (...) - <a href="http://amifrance.org/-Temoignage,150-.html" rel="directory">Témoignages</a> / <a href="http://amifrance.org/+-A-lister-a-droite-comme-+.html" rel="tag">A lister à droite comme Témoignages</a>, <a href="http://amifrance.org/+-home-flash-info-+.html" rel="tag">home - flash info</a> <div class='rss_texte'><p>Sophie Benoliel revient d'un an et demi de mission dans le Rakhine (Birmanie), où elle était responsable de projet. Enthousiaste, elle confie que des trois missions humanitaires qu'elle a effectuées, celle-ci a été la plus enrichissante, par le travail mené avec l'équipe locale auprès des populations. Ancienne étudiante en gestion de projets territoriaux (un DESS Management international des projets territoriaux) et en droit international, elle estime que la réflexion menée avec le staff local pour faire évoluer le programme lui a beaucoup apporté. Elle raconte le travail d'approfondissement de la mobilisation communautaire qui a été mené sur sa base, et ce qui a été accompli durant sa mission auprès des villageois et des personnels de santé locaux. Le développement communautaire répondant à un objectif essentiel : pérenniser les activités initiées par Aide Médicale internationale. <br /> <br /><strong>Sur la zone d'intervention du Rakhine, quelles sont les activités mises en œuvre par A.M.I. en matière d'accès aux soins de santé primaires ?</strong> <br /> <br />Pour ce qui est des activités de soins de santé primaires, le programme mené met l'accent sur la santé materno-infantile. Les infirmières et les sages-femmes de la base, employées localement par A.M.I., assurent des consultations au sein des cliniques mobiles. Les consultations accueillent ainsi les femmes enceintes, celles qui ont accouché, les femmes qui souhaitent un moyen de contraception, et les enfants de moins de 5 ans. Par ailleurs, un appui est apporté au réseau des travailleurs de santé communautaire, notamment par la formation en matière de santé materno-infantile. <br />En Birmanie, certains travailleurs communautaires sont reconnus par le gouvernement et sont formés dans les hôpitaux pendant six mois. Ils apprennent des techniques basiques concernant l'accouchement et la santé materno-infantile, puis retournent dans leur village. Avec l'accord du gouvernement birman, A.M.I. forme des travailleurs communautaires pour qu'ils représentent le focus plan médical dans leur village. La formation délivrée leur permet d'effectuer des consultations, de prescrire quelques médicaments de base, et quand cela s'avère nécessaire de référer des patients vers des hôpitaux. Une énorme partie du programme est ainsi consacrée à la formation de ces personnes grâce auxquelles des soins de santé primaires peuvent être assurés au sein même des villages. <br />L'objectif d'A.M.I. est à terme que les femmes enceintes, qui aujourd'hui se rendent plutôt chez les accoucheuses traditionnelles, ne se tournent plus uniquement vers elles. Même si ces accoucheuses sont entraînées par A.M.I., l'enjeu pour l'avenir est que les femmes s'en remettent à des travailleurs communautaires véritablement formés aux pratiques médicales basiques. <br /></p> <dl class='spip_document_1502 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L448xH336/WUG_01_photo_1_sophie_benoliel-4ec11.jpg' width='448' height='336' alt='JPEG - 77.1 ko' style='height:336px;width:448px;' /></dt> </dl> <div class="spip" style="text-align:center;"><i>Une séance d'éducation à la santé</i></div> <br /> <br /><strong>Plus largement, quelles autres activités sont développées pour améliorer les conditions de santé des populations ?</strong> <br /> <br />Un aspect essentiel du programme mis en œuvre dans le Rakhine est l'éducation à la santé. Il existe au sein du staff local d'A.M.I. des Health educators, c'est-à-dire des éducateurs en santé. A.M.I. leur dispense des formations courtes afin qu'ils intègrent les connaissances médicales basiques. Ce ne sont pas des médecins ; il faut savoir que dans le Rakhine, la population appartient à une minorité musulmane qui ne peut accéder à certaines études, notamment celles permettant d'accéder aux métiers de la santé. Le travail des medics après les formations A.M.I. consiste à délivrer à leur tour des connaissances et des messages sur des questions de santé essentielles dans les villages. De plus, ils forment des éducateurs de santé communautaires : c'est le « training of trainers ». <br />Les éducateurs en santé communautaire sont des volontaires, et ne font donc pas partie du staff d'A.M.I. Ce sont des villageois qui ont souhaité s'investir pour améliorer la santé dans leur village. Ils n'assureront aucun soin, à la différence des travailleurs communautaires évoqués plus haut. Mais ils détiendront des informations sur des points précis, et les diffuseront au sein de la population d'un village : pourquoi se laver les mains et à quel moment de la journée, comment savoir que l'on a la malaria, comment se prémunir de l'infection, comment utiliser la moustiquaire imprégnée, quelle est la manière la plus hygiénique de nettoyer sa maison, etc. <br /> <br /><strong>Comment se passe la formation de ces volontaires communautaires afin qu'ils délivrent des messages de santé de qualité ?</strong> <br /> <br />Nous avons défini un certain nombre de points sur lesquels porteront ces messages : malaria, tuberculose, hygiène personnelle, etc. On les entraîne à délivrer un certain nombre de messages sur ces sujets en leur donnant des outils (jeux, chanson, démonstration). L'un de ces outils est le « flip chart » : il s'agit d'un livret utilisé pour expliquer des notions de santé en public, avec une face illustrée servant de support au discours de l'éducateur en santé communautaire. Sur la face tournée vers lui, ce dernier peut lire au besoin un petit rappel des points qu'il a assimilé. <br />Un autre outil est une méthode d'éducation dite « méthode PHAST », basée sur la participation communautaire. L'idée est de faire parler les gens, à travers différents outils, de leur village, de leur situation de santé, de ce qu'ils aimeraient voir évoluer. Ce qu'il y a d'intéressant dans cette méthode est qu'elle est très proactive, permettant d'impliquer les gens plutôt que d'attendre d'eux qu'ils appliquent des messages comme une leçon. L'application de ce qui aura été dit sera ainsi plus naturelle. <br />Par ailleurs, grâce à cette méthode participative, on découvre que certaines croyances sont à l'origine de certains problèmes de santé. Par exemple, dans le Rakhine, les us et coutumes veulent qu'une femme enceinte ne mange pas de tout, ce qui a des conséquences néfastes et provoque des cas de malnutrition. Les séances participatives sont utiles pour se rendre compte de certaines mauvaises habitudes. <br /> <br /> <dl class='spip_document_1503 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L448xH336/sophie_benoliel_2-ca41a.jpg' width='448' height='336' alt='JPEG - 25.2 ko' style='height:336px;width:448px;' /></dt> </dl> <div class="spip" style="text-align:center;"><i>Diffuser l'information au sein des communautés</i></div> <br /> <br /><strong>Comment le développement communautaire a évolué pendant votre mission ?</strong> <br /> <br />Le programme au Rakhine est mené depuis 2004, mais nous avons dans un premier temps effectué des activités d'urgence, comme avec les cliniques mobiles. Ces huit ou neuf derniers mois, nous avons beaucoup axé le programme sur le développement communautaire. Aujourd'hui, nous essayons d'orienter davantage le projet sur la participation des communautés. L'idée est d'inscrire nos activités dans un cadre plus pérenne. Par exemple, former des volontaires permet que les messages essentiels concernant la santé puissent être diffusés sans qu'A.M.I. soit là. Pour favoriser la pérennité des actions, il faut en effet que les populations puissent à terme se passer de nos équipes. Cette partie du travail m'a beaucoup apporté, car j'ai travaillé avec une équipe motivée. J'étais la seule expatriée sur ma base, en contact avec une centaine de staffs locaux, et les relations de travail que j'ai eues m'ont énormément enrichie. L'équipe s'est beaucoup impliquée pour réfléchir au moyen de faire évoluer le programme en renforçant les aspects communautaires. Et de voir se mettre en place des relais communautaires aux actions d'A.M.I. est extrêmement satisfaisant, car ce que nous avons accompli est destiné à se prolonger au-delà de nos missions.</div> BIRMANIE (MYANMAR) - Périphérie de Yangon, État Shan, État du Rakhine http://amifrance.org/Ameliorer-la-situation-sanitaire.html http://amifrance.org/Ameliorer-la-situation-sanitaire.html 2009-08-04T15:04:18Z text/html fr Mélanie FICHE D'IDENTITÉ DU PROGRAMME LOCALISATION Banlieue de Yangon : Dala, Seikki Khanaungdho et Twantay Région autonome des Wa (État Shan) Région de Buthidaung (État du Rakhine) POPULATION COUVERTE Banlieue de Yangon : 265 000 personnes Région Wa : 140 000 personnes Rakhine : 251 000 personnes ÉQUIPE A.M.I. 16 expatriés : un chef de mission, un coordinateur administrateur, un coordinateur médical, un coordinateur logistique, un référent eau et assainissement, trois responsables de projet, deux (...) - <a href="http://amifrance.org/-Birmanie-Myanmar-.html" rel="directory">Birmanie / Myanmar</a> <div class='rss_texte'><div class="texteencadre-spip spip"><strong>FICHE D'IDENTITÉ DU PROGRAMME</strong></div> <br /><strong>LOCALISATION</strong> <br />Banlieue de Yangon : Dala, Seikki Khanaungdho et Twantay <br />Région autonome des Wa (État Shan) <br />Région de Buthidaung (État du Rakhine) <br /> <br /><strong>POPULATION COUVERTE</strong> <br />Banlieue de Yangon : 265 000 personnes <br />Région Wa : 140 000 personnes <br />Rakhine : 251 000 personnes <br /> <br /><strong>ÉQUIPE A.M.I.</strong> <br />16 expatriés : un chef de mission, un coordinateur administrateur, un coordinateur médical, un coordinateur logistique, un référent eau et assainissement, trois responsables de projet, deux référents médicaux, , un référent prévention VIH, un responsable des activités éducation à la santé », un épidémiologiste, et dans le cadre du programme Nargis, un responsable de programme urgence, un logisticien-réhabilitation un administrateur. <br />310 personnels locaux (personnels médicaux, personnels spécialisés en logistique et administratifs). <br /> <br /><strong>FINANCEURS</strong> <br />Echo, EuropeAid, Three diseases Fund, UNHCR, UNFPA. <br /> <br /> <br /><div class="texteencadre-spip spip"><strong>CONTEXTE D'INTERVENTION</strong></div> <br />Mosaïque ethnique, le Myanmar a été secoué depuis son indépendance par des conflits entre Bamar (groupe principal) et minorités. Parmi celles-ci, certaines sont reconnues et disposent de quelques droits ; d'autres vivent dans des conditions d'extrême précarité. Les conflits des années 80 et 90 ont entraîné d'importants mouvements de populations sur le territoire birman ou hors de ses frontières. <br />Aujourd'hui, la situation des minorités et des déplacés au Myanmar est toujours préoccupante, leurs possibilités d'accès aux soins restent réduites, et ils souffrent d'un taux de mortalité plus élevé que les autres couches de la population. Les femmes et les enfants comptent parmi les premières victimes de cette situation. <br />Ces populations fragiles sont aussi les plus touchées par le VIH/ Sida. En raison de leur pauvreté, de leurs carences éducatives et des problèmes d'accessibilité à l'information et à des structures de santé, l'épidémie du VIH constitue un risque sanitaire majeur et la lutte contre la pandémie est une urgence aujourd'hui reconnue par le gouvernement du Myanmar. <br />L'augmentation des prix du pétrole en 2008 a entraîné une hausse de la contestation avec d'importantes manifestations suivies d'arrestations. 2008 a surtout été marquée par la crise humanitaire liée aux dégâts causés par le cyclone Nargis sur le sud du pays. <br /> <br /> <br /><div class="texteencadre-spip spip"><strong>HISTORIQUE MISSION A.M.I.</strong></div> <br /><span class='spip_document_962 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:166px;'> <img src='http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L166xH227/Birmanie_consult-e2735.jpg' width='166' height='227' alt="" style='height:227px;width:166px;' /></span> Depuis ses premières missions menées dans les années 90, A.M.I. a orienté ses actions vers les populations les plus fragiles. <br />L'ouverture d'une nouvelle mission a ainsi débuté en 2001 dans la périphérie de Yangon, puis s'est développée sur d'autres territoires où vivent des populations particulièrement vulnérables : l'État Shan (en 2003) et le Rakhine (en 2004). Les minorités (Karens, ethnies montagnardes de l'État Shan – Lahu, Akha, Wa –, et Rohingyas dans l'État du Rakhine) et les déplacés ou « relocalisés » (populations des zones périurbaines de Yangon, notamment à Dala) sont les bénéficiaires cibles des programmes. <br />À celles-ci s'ajoutent désormais les populations frappées par le cyclone Nargis dans le delta de l'Irrawaddy en mai 2008. <br /> <br /> <br /><div class="texteencadre-spip spip"><strong>ACTIVITES ET REALISATIONS 2008</strong></div> <br />La mission A.M.I. en Birmanie/Myanmar est constituée de neuf bases opérationnelles implantées dans trois zones d'intervention : la banlieue de Yangon, l'État Shan et l'État du Rakhine. <br /> <br /><strong> » Périphérie de Yangon</strong> <br />Dans la périphérie de Yangon, dans les faubourgs de Dala, Seikki Khanaungdh, et Twantay où vivent de nombreux déplacés, les activités d'A.M.I. ont porté sur : <br />> l'accès à l'eau et l'assainissement (population et écoles) : construction de puits et de bassins, petits travaux d'assainissement, appui à l'organisation de comités de gestion et de maintenance de l'eau, distribution de kits d'hygiène, <br />> l'éducation à la santé et à l'hygiène, <br />> la prévention et le traitement d'infections sexuellement transmissibles dont le VIH/Sida. Les équipes de trois centres de santé A.M.I. spécialisés assurent des dépistages, des soins aux patients, forment des éducateurs et distribuent des préservatifs, <br />> des soins préventifs destinés aux femmes et enfants de moins de cinq ans et de la santé reproductive, <br />> des secours d'urgence aux victimes du cyclone Nargis. <br />Dans la nuit du 2 au 3 mai 2008, le cyclone Nargis a frappé le delta de l'Irrawaddy et la Yangon division au sud du territoire birman. <br />De nombreuses habitations et structures de soins ont été ravagées. <br />Les équipes d'A.M.I., présentes sur une portion du territoire atteint par la catastrophe, ont pu mettre en oeuvre des actions d'urgence (distribution d'abris, de nourriture, de médicaments et de kits d'hygiène, surveillance épidémiologique préventive activités d'assainissement, etc.). À ces interventions ont succédé des dispositifs de post-urgence, dont certains perdurent aujourd'hui. <br /> <br /><strong> » Région Wa (État Shan)</strong> <br /> <dl class='spip_document_1516 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:269px;'> <dt><img src='http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L269xH358/Birmanie_Picture_067_BD-84cc0.jpg' width='269' height='358' alt='JPEG - 18.1 ko' style='height:358px;width:269px;' /></dt> </dl> <p>Dans la région Wa, où les populations disposent aujourd'hui de moyens de subsistance très réduits, le travail des équipes s'est organisé autour des activités suivantes : <br />> soins de santé primaires (cliniques mobiles et appui aux rares structures de santé fixes, approvisionnement en médicaments), <br />> référencements vers des hôpitaux, <br />> santé materno-infantile (comprenant notamment un suivi des parturientes et des nouveaux-nés ainsi que des vaccinations), <br />> suivi épidémiologique, essentiellement dans le cadre de la prévention et du traitement du paludisme, <br />> renforcement des capacités du réseau de santé communautaire, <br />> sessions d'éducation à la santé portant sur l'hygiène et certaines pathologies (paludisme, tuberculose, etc.). <br /> <br /><strong> » État du Rakhine (nord-ouest du pays, zone NRS – Northern Rakhine State)</strong> <br />Dans l‘ensemble urbain de Buthidaung et le district de Myeik, A.M.I. a mis en oeuvre : <br />> une action de renforcement du réseau de santé communautaire (formation d'agents de santé communautaires) dans le cadre du renforcement du dispositif de soins de santé primaires, <br />> des soins de santé primaires (approvisionnement des rares structures de santé, mise en place de cliniques mobiles, référencements), avec une attention particulière portée à la santé materno-infantile, <br />> des sessions d'éducation à la santé (santé de base, santé reproductive, planification familiale), <br />> des actions de prévention du paludisme et des suivis épidémiologiques. <br /> <br /></p> <div class="texteencadre-spip spip"><strong>Perspectives 2009</strong> <br />Les réalisations d'A.M.I. devraient porter sur : <br />> l'ouverture d'une nouvelle zone d'intervention, <br />> l'évaluation, le développement et la capitalisation de la composante santé communautaire, <br />> l'élargissement des accords de travail au Thanintharyi. <br />Dans la banlieue de Yangon, les perspectives sont : <br />> le développement des activités eau et assainissement sur les faubourgs de Kawhmu et Kungyangon, <br />> la poursuite des activités de soutien aux populations victimes du cyclone Nargis, <br />> l'accroissement du volet lutte contre le VIH. Dans la région Wa, 2009 devrait voir le transfert des structures de santé de Mong Pawk aux autorités sanitaires locales.</div></div> Birmanie/Myanmar : des activités en faveur des populations vulnérables et des personnes à risque http://amifrance.org/Birmanie-Myanmar-des-activites-en.html http://amifrance.org/Birmanie-Myanmar-des-activites-en.html 2009-07-16T13:07:05Z text/html fr administrateur A lister à droite comme Témoignages home - flash info Ingénieur aéronautique de formation, Samuel Monet a multiplié les expériences humanitaires en Afrique (au Tchad et en République Centrafricaine, à l'occasion de plusieurs missions) avant de rejoindre les équipes d'Aide Médicale Internationale pour devenir responsable de projet à Dala, au Myanmar. Pouvez-vous expliquer votre rôle en tant que responsable de projet pour Aide Médicale Internationale ? Le rôle du responsable de projet est de coordonner les activités au niveau régional et de superviser les (...) - <a href="http://amifrance.org/-Temoignage,150-.html" rel="directory">Témoignages</a> / <a href="http://amifrance.org/+-A-lister-a-droite-comme-+.html" rel="tag">A lister à droite comme Témoignages</a>, <a href="http://amifrance.org/+-home-flash-info-+.html" rel="tag">home - flash info</a> <div class='rss_texte'><p>Ingénieur aéronautique de formation, Samuel Monet a multiplié les expériences humanitaires en Afrique (au Tchad et en République Centrafricaine, à l'occasion de plusieurs missions) avant de rejoindre les équipes d'Aide Médicale Internationale pour devenir responsable de projet à Dala, au Myanmar. <br /> <br /> <strong>Pouvez-vous expliquer votre rôle en tant que responsable de projet pour Aide Médicale Internationale ?</strong> <br /> <br />Le rôle du responsable de projet est de coordonner les activités au niveau régional et de superviser les aspects logistiques et administratifs. Nous travaillons sur la stratégie en collaboration avec le chef de mission. J'ai ainsi assuré le démarrage des projets eau et assainissement sur deux nouveaux townships dans lesquels nous intervenons (Kahwmu et Kongchangone) ainsi que le suivi des projets en cours (eau et assainissement et HIV sur les townships de Dala, Twantay et Sekky khanuangdho). <br />En tant que responsable de projet, je devais également gérer les activités en collaboration avec les autorités locales, organiser des réunions de coordination entre les équipes et préparer les rapports d'activités pour les bailleurs de fond. Il faut faire preuve de transparence et rendre compte régulièrement de nos activités. <br /> <br /> <strong>Quels sont les projets que vous supervisez actuellement ?</strong> <br /> <br /> Dans les deux townships de Kahwmu et Kongchangone, les activités ne portent que sur des projets en eau et assainissement, avec une partie technique et une partie d'éducation à la santé liée à l'hygiène. Nous ciblons les populations les plus vulnérables en termes de logement, de revenu et d'accès à l'eau. Environ 13 700 ménages en sont bénéficiaires. <br />Le travail des ingénieurs vise à assurer un accès à l'eau et à l'assainissement dans les écoles et les centres de santé. Nous installons et rénovons des collecteurs d'eau, des châteaux d'eau, des puits, et des forages peu profonds. Nous distribuons aussi des containers d'eau, des latrines familiales, et réhabilitons des ponds (ce sont des mares communautaires artificielles dont l'eau est protégée de toute contamination externe et équipée de pompes à eau). Pour chacun des puits creusés et des ponds, un comité de gestion de l'eau est créé pour entretenir les installations et assurer la gestion de l'eau au niveau communautaire. <br />Tous les bénéficiaires reçoivent des séances d'information à l'hygiène par l'intermédiaire de plus de 150 voluntaries health promoters (VHP) formés et supervisés par A.M.I. Les VHP sont des volontaires identifiés de la communauté qui reçoivent un kit d'éducation à la santé pour ensuite dispenser à leur tour des sessions d'éducation à la santé dans la communauté. <br /> <br /></p> <dl class='spip_document_1461 spip_documents spip_documents_center'> <dt><img src='http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L399xH301/photo_site_samuel-21558.jpg' width='399' height='301' alt='JPEG - 23.5 ko' style='height:301px;width:399px;' /></dt> </dl> <div class="spip" style="text-align:center;"><i>Des enfants bénéficiaires des activités d'A.M.I. au Myanmar</i></div> <br /> <strong>Quelles sont les autres activités d'A.M.I. dans la région ?</strong> <br /> <br /> Nous avons aussi un programme VIH qui s'adresse spécifiquement aux populations les plus vulnérables, c'est-à-dire les homosexuels, les travailleurs du sexe, les personnes ayant des conduites ou vivant des situations à haut risque (les chauffeurs routiers, les employés portuaires, les travailleurs journaliers, les familles des personnes vivant avec le VIH/sida…). Les taux de prévalence pour ces populations sont énormes : jusqu'à 60 %de personnes séropositives dans certaines catégories de populations à risque. Le programme est constitué de deux composantes : la partie préventive et la partie clinique. <br />Pour les activités de prévention, nous avons constitué une équipe de douze health educators qui dispensent des sessions d'éducation à la santé relatives au VIH et aux maladies sexuellement transmissibles, soit directement, soit par l'intermédiaire des pairs éducateurs membres des communautés identifiées à risque qui sont formés et suivis régulièrement par les équipes d'A.M.I. Il s'agit de faire de la prévention, de sensibiliser leurs communautés aux problématiques de prévention du VIH et des MST, de les informer de la présence des cliniques A.M.I. et de réduire la stigmatisation autour du VIH. <br />Les activités cliniques consistent à dépister et traiter les MST. Nous facilitons le dépistage du VIH par l'intermédiaire des Voluntary Confidential Counselling and Testing, qui sont des centres dédiés au dépistage du sida, où les personnes peuvent obtenir un résultat rapide et des séances de conseil et d'orientation. Nous assurons les suivis des personnes vivant avec le VIH/Sida en fournissant le traitement antirétroviral et le cas échéant, les médicaments contre les maladies opportunistes. Il y a environ 260 patients sous ARV et 800 personnes vivant avec le VIH suivies de manière continue dans les cliniques de Dala, Seikki, Khanuangdho et Twantay (périphérie de Yangon). <br />Comme les personnes vivant avec le VIH/Sida ont des carences alimentaires, nous assurons, en collaboration avec le Programme alimentaire mondial, la distribution de rations alimentaires (12 kilos de riz, 1,5 kilo de légumineuses, 1 litre d'huile et 150 grammes de sel par mois). <br /> <br /> <strong>Êtes vous en mesure de déterminer si ces activités ont un impact sur la santé des populations ?</strong> <br /> <br /> L'impact est limité aux personnes dont les domiciles ne sont pas trop éloignés des cliniques, en raison des contraintes de transport. La majorité des personnes qui se présentent au centre de santé vivent dans le quartier ou aux alentours des bases d'A.M.I. <br />Les relations d'A.M.I. avec la population sont bonnes car nous travaillons dans la région depuis sept ans. Nous avons tissé des liens avec la communauté grâce au programme eau et assainissement, et l'impact de nos activités est reconnu par l'ensemble de la population. La qualité de ces relations permet à nos programmes de s'ancrer dans la réalité des habitants et de contribuer effectivement à l'amélioration de leur situation sanitaire.</div> Birmanie/Myanmar : Les séances d'éducation à la santé ont un impact positif sur les connaissances des populations. http://amifrance.org/Birmanie-Myanmar-Les-seances-d.html http://amifrance.org/Birmanie-Myanmar-Les-seances-d.html 2009-06-29T08:40:55Z text/html fr administrateur A lister à droite comme Témoignages home - flash info Après un DESS en mathématiques appliqués et en informatique, et des expériences professionnelles en marketing, Olivier Cheminat a accompli plusieurs missions humanitaires en tant que statisticien et épidémiologiste, notamment au Niger, en Afghanistan et en République Démocratique du Congo avant de rejoindre Aide Médicale Internationale en tant qu'épidémiologiste. Lors de son dernier passage à Paris, Olivier avait fait état de deux projets d'études sur l'impact des sessions d'éducation à la santé sur le (...) - <a href="http://amifrance.org/-Temoignage,150-.html" rel="directory">Témoignages</a> / <a href="http://amifrance.org/+-A-lister-a-droite-comme-+.html" rel="tag">A lister à droite comme Témoignages</a>, <a href="http://amifrance.org/+-home-flash-info-+.html" rel="tag">home - flash info</a> <div class='rss_texte'>Après un DESS en mathématiques appliqués et en informatique, et des expériences professionnelles en marketing, Olivier Cheminat a accompli plusieurs missions humanitaires en tant que statisticien et épidémiologiste, notamment au Niger, en Afghanistan et en République Démocratique du Congo avant de rejoindre Aide Médicale Internationale en tant qu'épidémiologiste. Lors de son dernier passage à Paris, Olivier avait fait état de deux projets d'études sur l'impact des sessions d'éducation à la santé sur le comportement et la santé des individus (voir son témoignage du 26 janvier 2009 à mi-mission). <br /> <br /><strong>Comment avez-vous mené ces études ?</strong> <br /> <br />Les études ont été menées afin de mesurer l'impact des sessions d'éducation à la santé dans la région du Rakhine et à Dala. Notre objectif est de mesurer les connaissances, les attitudes et les pratiques des personnes à partir d'un échantillon de la population. Nous menons cette étude sur quatre sujets qui sont le paludisme, l'hygiène, les diarrhées, et le VIH. <br />Pour mesurer la réussite du projet, on mène normalement une enquête sur l'état de la situation avant le démarrage des activités. Dans le cas de ce projet, il n'y avait pas eu d'enquête préliminaire, il n'était donc pas possible de comparer les connaissances des personnes ciblées avant et après. Pour y remédier, j'ai donc constitué deux groupes de 265 personnes chacun. Dans un groupe, les gens n'avaient jamais assisté aux séances d'éducation à la santé tandis que les membres de l'autre groupe y avaient assisté. On a posé les mêmes questions et comparé les réponses. J'ai établi le questionnaire avec le responsable du développement communautaire du Rakhine. Le type de questions qui peuvent être posées porte sur la connaissance des symptômes, du mode de transmission d'une maladie ou d'un virus, et ensuite on réunit les résultats sous forme de pourcentage. <br />Une employée birmane d'A.M.I. a assuré la formation et le suivi des enquêteurs sur le terrain pendant les deux semaines qu'a duré le recueil des données. Ensuite, nous avons saisi les données, analysé, rédigé le rapport et fait une présentation des résultats aux équipes. L'objectif de ces études est de voir si les activités conduites par les équipes d'A.M.I. sont utiles à la population. Elles servent également à rendre compte aux bailleurs de fonds de l'intérêt des nos programmes et permettent d'ajuster les activités si on se rend compte qu'elles n'ont pas suffisamment d'impact sur les personnes. <br /> <br /> <br /><span class='spip_document_1450 spip_documents'> <img src='http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L448xH336/Nouvelle_image-02a2c.jpg' width='448' height='336' alt="" style='height:336px;width:448px;' /></span> <br /><i><div class="spip" style="text-align:center;">Un employé d'A.M.I. pendant une séance d'éducation à la santé</div></i> <br /><strong>Quels sont les résultats de vos études ?</strong> <br /> <br />Les résultats obtenus sont bons, on remarque un impact notable des sessions d'éducation à la santé sur le niveau des connaissances des personnes interrogées. Ces séances sont efficaces au niveau des connaissances car les personnes sont capables de répondre correctement aux questions qui leur sont posées. En revanche, il est très difficile de changer les comportements car davantage de facteurs entrent en compte. Pour vous donner un exemple, on explique aux gens que le paludisme est transmis par les moustiques, et qu'il faut utiliser des moustiquaires pour dormir la nuit. Les gens le savent désormais, mais pour qu'ils en utilisent, c'est plus compliqué. Il faut que le produit soit disponible, que le coût soit abordable, et que les utilisateurs adhèrent à cet objet. <br /> <br /><strong>Comment les projets vont-ils s'inscrire dans la durée ?</strong> <br /> <br />J'étais responsable d'une équipe de deux personnes que j'ai formées et supervisées. Au cours de ces formations, j'ai présenté l'épidémiologie et comment mettre en place des indicateurs de suivi et d'impact. Nous organisons des sessions de formation pour aider à rendre plus autonome les équipes dispersées dans les bases opérationnelles, celles qui recueillent les données au quotidien. Nous présentons aussi l'échantillonnage, c'est-à-dire la manière dont on va choisir les personnes à interroger pour essayer d'avoir un échantillon représentatif de la population ciblée. <br /> <br />D'une manière globale, on peut observer que la majorité des personnes viennent très volontiers aux séances d'éducation à l'hygiène, ce qui est un point positif pour l'évolution et l'impact des projets menés par A.M.I.</div> Entretien vidéo avec Philippe Hamel http://amifrance.org/Entretien-video-avec-Philippe.html http://amifrance.org/Entretien-video-avec-Philippe.html 2009-04-07T07:57:56Z text/html fr Entretien vidéo avec Philippe Hamel IMG/flv/300_MYNAMAR_-_Philippe_Hamel_16_9.flv Février 2009 - So On Pictures pour Aide Médicale Internationale - <a href="http://amifrance.org/-Interview-video,194-.html" rel="directory">Interview vidéo</a> <img class='spip_logos' alt="" src="http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton821-70fff.jpg" width='150' height='85' style='height:85px;width:150px;' /> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_1356 spip_documents'> <dt class='spip_doc_titre'> <object type="application/x-shockwave-flash" data="plugins/auto/Lecteur_multimedia/flash/player_flv_maxi.swf" width="528" height="298"> <param name="movie" value="plugins/auto/Lecteur_multimedia/flash/player_flv_maxi.swf" /> <param name="FlashVars" value="flv=http://amifrance.org/IMG/flv/300_MYNAMAR_-_Philippe_Hamel_16_9.flv&width=528&height=298&bgcolor1=ffffff&bgcolor2=cccccc&buttoncolor=999999&buttonovercolor=0&slidercolor1=cccccc&slidercolor2=999999&sliderovercolor=666666&textcolor=0&showstop=1&title=Entretien+vid%C3%A9o+avec+Philippe+Hamel &startimage=IMG/jpg/cover_MYAN.jpg&ondoubleclick=fullscreen&showfullscreen=1&autoplay=0" /> <param name="allowFullScreen" value="true" /> <param name="wmode" value="transparent" /> <strong>Entretien vidéo avec Philippe Hamel</strong> <span><a href="http://amifrance.org/IMG/flv/300_MYNAMAR_-_Philippe_Hamel_16_9.flv" rel="enclosure">IMG/flv/300_MYNAMAR_-_Philippe_Hamel_16_9.flv</a></span> </object> </dt> </dl> <p>Février 2009 - <a href='http://www.soonpictures.com/' class='spip_out' rel='external'>So On Pictures</a> pour Aide Médicale Internationale</p></div> Birmanie/Myanmar : Gautier Jeannerod, logisticien watsan retrace les étapes de la réalisation d'un programme eau et assainissement dans la région de Yangon. http://amifrance.org/Birmanie-Myanmar-Gautier-Jeannerod.html http://amifrance.org/Birmanie-Myanmar-Gautier-Jeannerod.html 2009-04-03T10:21:50Z text/html fr administrateur A lister à droite comme Témoignages home - flash info En 2002, Aide Médicale Internationale initie un programme en eau et assainissement afin de garantir à la population un accès à une eau de qualité et en quantité suffisante. C'est en octobre 2008 que Gautier Jeannerod est parti en mission en Birmanie/Myanmar pour quatre mois en tant que logisticien watsan afin d'effectuer pour A.M.I. un document de capitalisation des données dans les trois townships de Dala, Seikki et Twantay, et de lancer un nouveau programme dans les townships de Kawhmu et (...) - <a href="http://amifrance.org/-Temoignage,150-.html" rel="directory">Témoignages</a> / <a href="http://amifrance.org/+-A-lister-a-droite-comme-+.html" rel="tag">A lister à droite comme Témoignages</a>, <a href="http://amifrance.org/+-home-flash-info-+.html" rel="tag">home - flash info</a> <div class='rss_texte'>En 2002, Aide Médicale Internationale initie un programme en eau et assainissement afin de garantir à la population un accès à une eau de qualité et en quantité suffisante. C'est en octobre 2008 que Gautier Jeannerod est parti en mission en Birmanie/Myanmar pour quatre mois en tant que logisticien watsan afin d'effectuer pour A.M.I. un document de capitalisation des données dans les trois townships de Dala, Seikki et Twantay, et de lancer un nouveau programme dans les townships de Kawhmu et Kungyangon pour remédier aux destructions consécutives au passage de Nargis. <br /> <br /><strong>Votre mission s'est articulée autour de deux activités, pouvez-vous nous parler de la phase de capitalisation qui a porté sur le programme watsan déjà mis en place ?</strong> <br />Lors de cette première phase de mes activités, j'ai compilé dans un document des données recueillies sur le terrain, prélevé des échantillons d'eau pour faire des tests de contrôle de la qualité et visité les sites d'approvisionnement en eau déjà implantés dans les zones d'intervention. Le but d'A.M.I. était de disposer d'un document de synthèse comportant des données récentes pour comparer les prélèvements effectués au début des programmes watsan et les miens. Mon travail a aussi consisté à identifier les besoins des villageois et les paramètres du terrain à prendre en compte pour préparer l'ouverture d'un nouveau programme dans la région. Pour les programmes déjà mis en place, nous avons vérifié leur adéquation au contexte actuel et, le cas échéant, fait des ajustements. Un autre aspect de ma mission a été d'apporter un point de vue extérieur et global de la situation, avec mon analyse personnelle, basée sur les observations de terrain. <br />J'espère que ce document d'étude servira aussi à faire des propositions pour de nouveaux programmes ou de support de référence pour d'autres ONGs qui souhaitent s'engager dans un projet semblable dans la région. <br /> <br /><strong>Cette première phase de votre mission vous a-t-elle permis de préparer le lancement du nouveau programme dans la région de Yangon ?</strong> <br />En effet, la deuxième partie de ma mission consistait au lancement d'un nouveau programme à Kawhmu et Kungyangon et au suivi de sa réalisation en tant que référent watsan. Pendant trois semaines, nous nous sommes rendus dans les centres de santé pour voir ce qu'il était nécessaire de faire dans ces nouveaux townships. Dans le cycle de projet, la phase d'identification consiste à évaluer les besoins de la population et les moyens d'y parvenir. Il s'agissait donc de centrer le programme autour de l'accès à l'eau potable et de l'eau à usage domestique, ainsi qu'aux latrines. Pour l'eau potable, les sources étant souterraines, elles sont souvent trop salées ou trop ferreuses et donc impropres à la consommation directe. Pour assurer aux villageois l'accès à une eau potable non contaminée, on a réhabilité des puits et des mares villageoises pour recueillir l'eau de pluie pendant la saison des moussons. <br /> <br /><div class="spip" style="text-align:center;"><span class='spip_document_1395 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L448xH336/DSC01321_1-8e3a0.jpg' width='448' height='336' alt="" style='height:336px;width:448px;' /></span></div> <br /> <br />Cette eau pourra servir pendant les cinq mois que compte la saison sèche. Pour l'usage domestique, c'est-à-dire le lavage des mains, les douches, la cuisine et la vaisselle, les villageois peuvent utiliser l'eau souterraine, pour peu qu'elle ne soit pas trop concentrée (en fer et en sel), étant entendu que les normes sanitaires sont moins strictes, puisqu'elle n'est pas destinée à être bue. On a également diagnostiqué où pourraient être placé l'ensemble des infrastructures comprenant des réservoirs d'eau, un mini réseau de distribution de l'eau dans les centres de santé quand cela est possible, des nouvelles latrines, des pompes électriques et des pompes à main. <br />L'identification des centres de santé (à trois niveaux : township hospital, station hospital et rural centers) où sont installées des pompes est un travail de terrain. Nous nous rendons dans chacun des centres de santé et retenons ceux qui répondent à nos trois critères de sélection, à savoir qu'il n'y a pas d'ONG travaillant déjà dans le centre, que les infrastructures sont hors d'usage ou détruites par le passage du cyclone Nargis et que nous disposons de l'accord des référents médicaux locaux pour apporter leur collaboration au projet. Nous travaillons actuellement dans 13 centres de santé. <br /> <br /><strong>A.M.I. compte beaucoup sur la collaboration et le partenariat avec la population locale, comment cela s'est-il manifesté dans le cadre de vos activités ?</strong> <br />Les familles sont bien intégrées dans la vie des villages, il y a des écoles, des infrastructures communautaires, et des comités d'eau que nous mettons en place. Les comités sont créés dans un soucis de pérennité, c'est-à-dire pour former des personnes dans chaque village à la maintenance de l'infrastructure en général, des pompes, à la tenue d'une comptabilité dans le cas où ils seraient amenés à acheter des pièces de rechange, et des grillages autour des réserves d'eau pour éviter leur contamination (par les habitants qui puisent l'eau sans se servir des pompes et par les animaux qui s'y abreuvent). Le tout fonctionne plutôt bien et est suivi par des équipes d'A.M.I. pendant un an, le temps du programme. Dans les centres de santé, la mise en place d'un comité d'eau n'est pas réellement nécessaire car il y a déjà un watchman en place (c'est un vigile local en charge de la surveillance des installations), mais nous le faisons dans toutes les écoles. Ensuite, nous tentons de mettre en place des séances d'éducation à l'hygiène des enfants et des villageois. Les séances d'éducation sont adressées aux représentants des différentes communautés et sont très interactives, basées sur la participation des bénéficiaires. L'idée sous-jacente est que les représentants prennent par eux-mêmes conscience des enjeux liés à l'hygiène au cours de ces séances pour répandre l'information et le message par la suite aux autres habitants dans leurs propres termes. <br /> <br /><strong>Maintenant que votre mission est achevée, quel regard portez vous sur le programme auquel vous avez participé et ses résultats ?</strong> <br />Je suis satisfait de la pertinence du programme mis en place, nous avons pris le temps d'analyser ce qui avait déjà été fait avant de se lancer dans un nouveau programme. Je suis convaincu que ce celui-ci va permettre aux communautés de disposer d'une eau à la fois de bonne qualité et en quantité suffisante et de systèmes d'assainissement adéquats. Le résultat est satisfaisant dès lors que nous avons l'opportunité de protéger l'eau par des grillages ou par des pompes et que nous prévenons ainsi toute contamination. Ma seule frustration a été que les délais pour la mise en place ont été plus importants que prévus et que de fait je n'ai pas pu participer à la réalisation du nouveau programme dans sa totalité alors que j'avais participé à sa préparation. Malgré cela, j'ai vécu une expérience enrichissante et j'ai pu perfectionner par de nouvelles connaissances techniques mes compétences en eau et assainissement.</div> Myanmar : après Nargis, une mission entre urgence et développement http://amifrance.org/Myanmar-Apres-Nargis-une-mission.html http://amifrance.org/Myanmar-Apres-Nargis-une-mission.html 2009-02-02T16:44:08Z text/html fr administrateur home - flash info Marie Le Duc et Renaud Debergh reviennent tous les deux d'une mission au Myanmar. Mobilisés dans le cadre du programme d'urgence d'Aide Médicale Internationale consécutif au passage du cyclone Nargis, ils livrent, à travers leurs regards croisés, leurs impressions sur ce programme particulier. La mission Urgence commence suite au cyclone Nargis, qui s'abat sur le Myanmar le 2 mai 2008. Les conséquences de ce cyclone sont désastreuses en termes humanitaires, dans un pays où les habitants souffraient (...) - <a href="http://amifrance.org/-Temoignage,150-.html" rel="directory">Témoignages</a> / <a href="http://amifrance.org/+-home-flash-info-+.html" rel="tag">home - flash info</a> <div class='rss_texte'><br /><strong>Marie Le Duc et Renaud Debergh reviennent tous les deux d'une mission au Myanmar. Mobilisés dans le cadre du programme d'urgence d'Aide Médicale Internationale consécutif au passage du cyclone Nargis, ils livrent, à travers leurs regards croisés, leurs impressions sur ce programme particulier.</strong> <br /> <br />La mission Urgence commence suite au cyclone Nargis, qui s'abat sur le Myanmar le 2 mai 2008. Les conséquences de ce cyclone sont désastreuses en termes humanitaires, dans un pays où les habitants souffraient déjà de conditions sanitaires rudimentaires. On compte jusqu'à 140 000 morts, des milliers de disparus et de déplacés, des routes coupées, des habitations détruites, des inondations. L'ampleur de cette catastrophe naturelle la fait comparer au tsunami qui a frappé les côtes de l'Indonésie au lendemain de Noël en 2004. <br /> <br />La mission de nos deux humanitaires commence dans ce paysage désolé. Ils ont été envoyés sur place en appui aux équipes d'A.M.I. déjà présentes dans le pays depuis 2001. Les conditions d'intervention diffèrent de celles des missions que l'ONG a l'habitude de mener : d'un travail de fond et de développement, les équipes ont été amenées à s'adapter à un travail d'urgence. « Je n'ai pas vu l'extrême urgence car je suis arrivée en juillet, donc deux mois après le passage du cyclone, rapporte Marie, responsable de projet urgence pendant quatre mois. Pour autant, le contexte restait celui d'une situation d'urgence. Le tiraillement entre les deux logiques, d'urgence et de développement, se faisait sentir sur nos programmes. Nous devions être opérationnels très rapidement, et surtout nous devions répondre aux besoins urgents par des distributions rapides et par l'aide directe, alors que la politique habituelle d'A.M.I. est de faire participer le plus possible les populations locales pour qu'elles s'autonomisent petit à petit. Nos logiques d'intervention changeaient… ». Passer de la formation à la distribution, changer ces logiques ancrées dans la manière de faire d'A.M.I. pour s'adapter au contexte, tel était le mot d'ordre. « Le premier temps de ma mission consistait d'une part à l'organisation de la distribution des soins primaires, à travers la mise en place de cliniques mobiles, l'appui aux centres de santé déjà existants, et d'autre part à la réhabilitation d'infrastructures d'eau et d'assainissement, mises à mal par le cyclone. », explique-t-elle. <br /> <br />Renaud, administrateur support, venait lui pour une mission courte de trois mois. « J'ai repris le rôle d'administrateur sur le programme urgence, pour alléger la charge de travail du coordinateur administratif. Nous nous sommes répartis le travail. La plus grosse tâche concernait la gestion des ressources humaines : l'urgence a fait que, pour être efficace, nous avons eu besoin d'un grand nombre de personnels. Pour les staffs locaux, nous faisions face à une hémorragie vers les ONGs anglo-saxonnes, qui sont plus généreuses en termes de salaires. » <br /> <br />Cela étant, le travail ne peut se faire correctement sans le concours des staffs locaux. « Les gens sont respectueux, ont un niveau d'éducation, de formation et d'implication très élevé, sourit Renaud. C'est surtout leur volontarisme dans les programmes qui est génial. J'ai tant d'exemples en tête qu'il ne m'est pas possible d'en choisir un en particulier. Les relations avec eux sont excellentes, il s'agit vraiment d'échange, de discussions qui font avancer les choses, d'un point de vue opérationnel. Cette relation de confiance est réellement agréable, et permet de développer des projets sur le long terme. » Cet avis est partagé par Marie : « Nous avons un staff compétent, des liens se sont créés. Nargis a entraîné l'arrivée d'un nombre important d'ONGs sur place, et un certain renouvellement de notre staff. Le fait qu'AMI soit présente depuis quelques années déjà nous donne une bonne visibilité dans nos zones d'intervention. Les populations locales, mais aussi les autorités locales, nous connaissent et savent pourquoi nous sommes là. Ça nous permet de développer de nouveaux programmes. » Les staffs locaux, qui font le lien entre les équipes expatriées et les bénéficiaires, ont un grand rôle à jouer au sein du dispositif d'AMI. <br /> <br />Les populations locales sont incluses dans les programmes de reconstruction, sous forme de participation communautaire. Celle-ci est plus ou moins forte, selon la région et le groupe auquel elle s'adresse. « Dans la zone périurbaine de Yangon, où AMI s'est implantée en premier, la mosaïque ethnique et religieuse qui compose ces populations d'un ancien bidonville est éclatée. Cette multiplicité d'appartenances fait qu'il y a peu de sentiment collectif, explique Marie. La mobilisation est plus difficile. En revanche, dans d'autres zones plus rurales, le sentiment communautaire est plus présent. Ce sentiment d'appartenance commun renforce la solidarité et donc la volonté de participation aux projets d'AMI. » <br /> <br />Le travail de l'ONG a dû être adapté à la conjoncture du pays. « Les autorités entendent surveiller les moyens de communication et les déplacements des étrangers, rapporte Renaud. Les premières interventions ont été ralenties par manque d'autorisations. » Nargis aura pourtant permis un désenclavement et une ouverture des autorités envers les ONGs : « Le positionnement des autorités a changé, après Nargis, remarque Marie. Elles ont compris qu'elles avaient besoin de notre aide, pour pallier la situation d'urgence. Notre position, définie au niveau de la santé et des besoins primaires uniquement, et non pas avec un arrière plan politique, a permis cette ouverture. Les autorités ont admis que nous n'étions pas là pour dénoncer quoique ce soit, mais pour aider des populations sinistrées. » <br /> <br />La mission débouchera peut-être sur l'ouverture de nouveaux programmes au Myanmar. « Après les trois premiers mois pour pallier la situation d'urgence, le reste de ma mission était consacré à l'évaluation des besoins pour de nouveaux programmes, relève Marie. Il s'agissait de faire le point sur ce qui avait été fait, et sur ce qu'il reste encore à faire, sur les trois zones ou nous travaillons déjà, et peut-être sur deux nouvelles, si les bailleurs donnent leur accord. L'un des principaux problèmes reste le manque de financements des bailleurs internationaux, pour développer de nouveaux programmes, ou pérenniser ceux qui existent déjà, dans l'ensemble du pays, y compris les zones qui n'ont pas été touchées par Nargis, où la demande est, même si elle est moins visible, criante. »</div> Birmanie/Myanmar : entretien avec Olivier Cheminat, épidémiologiste http://amifrance.org/Birmanie-Myanmar-entretien-avec.html http://amifrance.org/Birmanie-Myanmar-entretien-avec.html 2009-01-26T16:28:36Z text/html fr administrateur A lister à droite comme Témoignages home - flash info Olivier Cheminat est épidémiologiste au Myanmar au sein des équipes d'Aide Médicale Internationale. En « break » à Paris avant de repartir pour l'Asie, ce statisticien de formation revient sur les programmes d'A.M.I. dans le pays et nous fait part des spécificités de son rôle dans ce contexte humanitaire. Pouvez-vous nous en dire plus sur la mission d'A.M.I. au Myanmar ? Nous sommes présents sur trois bases, avec différents types de programmes. Sur deux bases, situées dans l'État du Rakhine et dans la (...) - <a href="http://amifrance.org/-Temoignage,150-.html" rel="directory">Témoignages</a> / <a href="http://amifrance.org/+-A-lister-a-droite-comme-+.html" rel="tag">A lister à droite comme Témoignages</a>, <a href="http://amifrance.org/+-home-flash-info-+.html" rel="tag">home - flash info</a> <div class='rss_chapo'>Olivier Cheminat est épidémiologiste au Myanmar au sein des équipes d'Aide Médicale Internationale. En « break » à Paris avant de repartir pour l'Asie, ce statisticien de formation revient sur les programmes d'A.M.I. dans le pays et nous fait part des spécificités de son rôle dans ce contexte humanitaire.</div> <div class='rss_texte'><strong>Pouvez-vous nous en dire plus sur la mission d'A.M.I. au Myanmar ?</strong> <br />Nous sommes présents sur trois bases, avec différents types de programmes. Sur deux bases, situées dans l'État du Rakhine et dans la région des Wa, nous tentons d'améliorer l'accès aux soins de santé primaire et l'autonomisation des populations à ce niveau. Cela passe notamment par la mise en place de programmes d'éducation à la santé. <br />À Dala, près de Yangon, nous mettons en œuvre un programme d'amélioration de l'accès à une eau de qualité et nous menons aussi un programme de lutte contre le VIH/SIDA. Ce programme passe par la prévention du virus auprès des populations à risque, le dépistage et le traitement des patients (patients sous antirétroviraux et traitement des maladies opportunistes). Nous cherchons d'ailleurs à élargir la couverture de soins et donc à permettre à d'autres personnes d'accéder aux traitements antirétroviraux (ART). <br /> <br /><strong>Quel est votre rôle en particulier au sein du programme ?</strong> <br />Je suis épidémiologiste, en charge de la cellule Monitoring & Evaluation (Suivi & Evaluation), composée notamment d'une personne en charge du suivi des indicateurs des programmes et d'une autre spécialisée en enquêtes et base de données. Nous avons aussi une personne en charge de la compilation des données dans l'état du Rakhine et un agent de saisie pour la base de données de suivi de patients séropositifs. <br />Dans le cadre du suivi (tant quantitatif que qualitatif) des programmes, de nombreuses données sont collectées sur le terrain. Nous sommes chargés de les compiler dans une base de données et d'en assurer l'analyse. Pour les programmes de santé primaire, par exemple, nous recensons le nombre de cas par pathologie. Pour les programmes d'éducation à la santé, nous relevons les sujets évoqués, les lieux, le nombre de personnes qui y ont participé. Nous créons des fichiers de données qui servent à renseigner des tableaux de bord demandés par les bailleurs de fonds. Ces données nous permettent d'analyser l'évolution de nos activités et des pathologies observées sur le terrain. <br />Nous intervenons aussi au niveau de l'évaluation des programmes. Par exemple, pour l'éducation à la santé, deux enquêtes CAP (Connaissances, Attitudes et Pratiques) peuvent être réalisées : une avant le début du programme et une autre après afin de définir l'impact qu'ont eu les sessions d'éducation à la santé. Il y a une différence entre savoir qu'il faut se laver les mains avant de manger et le faire. <br />Pour le programme VIH/sida, la collecte de données est importante : elle permet le suivi des personnes venant passer le test et des patients et permet par exemple de savoir quelles sont les maladies opportunistes les plus présentes (la tuberculose notamment) et quels sont les comportements des patients sous ARV (antirétroviraux) à leur traitement. La collecte et l'analyse de ces données permettent l'ajustement des activités et des stocks de médicaments. <br /> <br /><div class="spip" style="text-align:center;"><span class='spip_document_1313 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L368xH281/P1000535_BD-ac272.jpg' width='368' height='281' alt="" style='height:281px;width:368px;' /></span></div> <br /><div class="spip" style="text-align:center;"><i>Olivier Cheminat et Mohamed Enuse, data manager sur la base A.M.I., analysent des données dans le bureau de Buthidaung, Etat du Rakhine</i></div> <br /><strong>Comment se déroule votre travail ?</strong> <br />Je supervise une équipe de deux collaborateurs nationaux, dans le travail de suivi et d'évaluation. Nous sommes en relation avec les équipes médicales qui travaillent sur le terrain, locales également. La collaboration se passe bien, il s'agit d'échanges mutuels, fondés sur des besoins réciproques : nous avons besoin d'eux pour les données qui remontent du terrain et ils ont besoin de nous pour les résultats des enquêtes, qui vont leur permettre d'identifier les attentes et d'ajuster les programmes en conséquence. <br />La collecte des données n'est pas toujours évidente : dans les structures publiques, ces données ne sont pas toujours répertoriées, ou du moins pas directement accessibles. Il n'est par ailleurs pas évident de retrouver tous les patients qui ont été suivis. Il faut ajouter à cela la nécessité qu'il y a pour nous de planifier nos déplacements à l'avance. Une fois ces données récoltées, le travail se déroule à partir de deux méthodes qui s'enrichissent l'une l'autre : quantitative (mise en forme et de l'analyse des données statistiques) et qualitative (perception des programmes par les bénéficiaires). <br /> <br /><strong>Quels sont les projets à venir, en ce début d'année ?</strong> <br />Deux projets s'inscrivent à mon agenda pour les prochains mois. <br />L'un concerne l'impact des sessions d'éducation à la santé dispensées dans la région du Nord Rakhine. Les analyses qui seront menées permettront de déterminer l'impact de ces sessions sur les bénéficiaires, de voir si un changement a eu lieu dans leur comportement après l'acquisition de ces nouvelles connaissances. <br />Un autre porte sur la santé reproductive à Dala : une enquête avait été réalisée en 2005, une autre en 2008. Cette dernière reste à être analysée, et les deux seront comparées. Cette mise en regard permettra de définir si un changement a eu lieu, et si notre manière d'intervenir a été pertinente ou non. <br />Dans tous les cas, les résultats des enquêtes nous permettront d'adapter nos actions aux besoins du terrain, pour des programmes au plus proche des populations locales. <br />Enfin, en ce début d'année 2009, nous faisons le tour des activités prévues pour le 1er semestre 2009 afin de voir de quelle manière nous pouvons améliorer le suivi et l'évaluation des programmes de manière à planifier notre activité pour les six prochains mois.</div> La demande prioritaire des Birmans : du riz... http://amifrance.org/La-demande-prioritaire-des-Birmans.html http://amifrance.org/La-demande-prioritaire-des-Birmans.html 2007-10-29T10:41:39Z text/html fr administrateur Accueil A lister à droite comme Témoignages par Erwan Le Grand, chef de mission AMI en Birmanie de 2005 à 2007. Si, initialement, les manifestations étaient profondément liées aux conditions de vie précaires et la vie chère dans le pays, les autorités birmanes ont réussi à faire oublier les justes et pragmatiques réclamations pour les orienter purement sur le terrain politique. Pourtant, avant même d'aspirer à plus de démocratie, ce que demande prioritairement les birmans se limite à l'essentiel qu'ils n'ont pourtant pas. Du riz. On estime (...) - <a href="http://amifrance.org/-Temoignage,150-.html" rel="directory">Témoignages</a> / <a href="http://amifrance.org/+-accueil-+.html" rel="tag">Accueil</a>, <a href="http://amifrance.org/+-A-lister-a-droite-comme-+.html" rel="tag">A lister à droite comme Témoignages</a> <div class='rss_chapo'><br> <i>par Erwan Le Grand, chef de mission AMI en Birmanie de 2005 à 2007. </i> <br></div> <div class='rss_texte'><br> Si, initialement, les manifestations étaient profondément liées aux conditions de vie précaires et la vie chère dans le pays, les autorités birmanes ont réussi à faire oublier les justes et pragmatiques réclamations pour les orienter purement sur le terrain politique.<br> <br> <span class='spip_document_899 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:213px;'> <img src='http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L213xH159/birmanie_watsan-7f726.jpg' width='213' height='159' alt="" style='height:159px;width:213px;' /></span>Pourtant, avant même d'aspirer à plus de démocratie, ce que demande prioritairement les birmans se limite à l'essentiel qu'ils n'ont pourtant pas. Du riz. On estime qu'un tiers des enfants de moins de 5 ans du pays souffrent de malnutrition chronique, et que la moitié des 130.000 enfants qui décèdent chaque année avant d'avoir 5 ans est la conséquence directe d'un manque de nourriture. De l'eau. Selon les données du gouvernement, 25% de la population totale du pays n'a pas accès à l'eau potable ou à l'assainissement. Des soins. Avec un budget représentant moins de 2% du budget global du gouvernement (environ 0,3 euros par personne et par an), les services de santé publique birmans sont pratiquement inexistants. Les personnels de santé sont sous-payés, les infrastructures totalement dégradées et les médicaments et équipements médicaux absents de la plupart des centres de santé publique. <br> <br> Et la situation empire encore lorsque l'on considère les zones de frontière du pays qui sont pratiquement toutes le lieu de tensions ou de conflits entre ethnies et groupes armés locaux d'un bord, et armée ou milices progouvernementales de l'autre. Des crises humanitaires chroniques maintiennent les populations des zones frontalières dans un état de pauvreté et de vulnérabilité extrême. Les populations du Myanmar vivent à un niveau de pauvreté le plus profond en Asie du Sud-Est, alors même que les fonds humanitaires destinés à répondre aux besoins sont de loin les plus faibles de la sous-région : moins 1,5 euros par habitant par an d'aide humanitaire international, alors que des pays voisins, comme le Laos par exemple reçoivent jusqu'à 50 euros par habitant et par an."<br> <br> Pourtant, les ONGs internationales qui sont présentes depuis plus de 15 ans dans le pays parviennent à aider ces populations, et ce sans que l'aide ne soit détournée par le gouvernement. Plus que dans beaucoup d'autres pays en conflits ouverts où les problèmes d'insécurité <span class='spip_document_897 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:142px;'> <img src='http://amifrance.org/local/cache-vignettes/L142xH106/birmanie_sensibilisation-35efd.jpg' width='142' height='106' alt="" style='height:106px;width:142px;' /></span>contraignent les acteurs humanitaires à limiter leurs déplacements et leur contrôle, il est possible au Myanmar d'aider les populations les plus vulnérables de manière transparente, effective et sans intermédiaires. Il est alors de notre responsabilité à tous en tant qu'acteur humanitaire de rendre compte de la situation et pousser au plus loin notre espace d'intervention.<br> <br></div>